Y'a pas d’âge pour se faire peur !

© O'Brother

"Zombillénium", la bande dessinée d’Arthur de Pins publiée chez Dupuis est devenue aussi un film d’animation, à découvrir dès aujourd’hui en salle. 

Vampires, fantômes et squelettes, sorcières, loups-garous et revenants, c’est bientôt votre fête. En attendant votre sortie annuelle pour Halloween, vos potes réalisateurs Arthur de Pins et Alexis Ducord vous apportent un peu de nouveautés au parc d’attractions le plus effrayant du monde, grâce à leur film d'animation "Zombillénium" ! Un défunt tout frais du nom d’Hector. Mais gare, il risque de semer la révolution.

Les lecteurs du "Journal de Spirou" connaissent bien la série de bande dessinée "Zombillénium", née en 2008. On y suit Gretchen, la sorcière look gothique des années 80, et son protégé Aurélien, humain transformé en démon, stagiaire au parc d’attractions tous les monstres encore debout en ce XXIe siècle. Ici, pour la dramatisation de l’histoire, Aurélien est remplacé par Hector, un contrôleur des normes de sécurité un peu trop zélé, qui va découvrir à ses dépens le danger de trop fouiller dans les affaires du diable, en se retrouvant monstre à son tour. Sauf qu’il manque horriblement à sa petite fille et que la division sociale régnant au sein de Zombillénium, avec les vampires tout en haut de l’échelle et les zombies tout en bas, va bientôt déboucher sur un véritable affrontement…

Arthur de Pins, qui a travaillé avec quatre studios différents dont Dreamwall, établi à Marcinelle, est parfaitement parvenu à conserver l’atmosphère d’étrangeté de sa série, mélange détonant d’humour, de luttes sociales et de créatures gratinées. Son style comme dessinateur étant déjà tourné vers l’animation, la transition s’est faite naturellement. Le résultat est de toute beauté.

Avec ses monstres, avec son histoire déchirante de gamine orpheline, avec son sous-texte social transparent contre le libéralisme sauvage, avec pour décor Valenciennes, ses briques rouges et sa mélancolie, avec son parc d’attractions édifié dans une ancienne mine de charbon hantée, avec son ambiance de ciel plombé soulignée par la musique du groupe rock français Skip the Use, on se demande parfois si "Zombillénium" est vraiment destiné aussi aux enfants dès 6 ans.

Pour Arthur de Pins, dont vous pourrez retrouver l’interview dans le Ciné-Télé-Revue de cette semaine, il n’y a aucun souci : « C’est un film d’aventures. Si une scène ou l’autre peuvent faire un peu peur, c’est voulu, comme dans ‘’Bambi’’ ou dans ‘’Blanche-Neige’’. L’animation n’est pas faite pour n’avoir que des personnages souriants. Les enfants aussi ont le droit d’être un peu secoués de temps en temps, sans que ce soit gratuit, bien sûr. Quand j’ai commencé la série, je parlais aussi du monde du travail, qui est bien sûr en filigrane dans l’histoire. J’ai été assez étonné, via le courrier des lecteurs, de voir que des enfants même très jeunes comprenaient tout. Ils voient ce qui arrive à leurs parents, les infos, ce sont un peu des éponges. Il ne faut pas les prendre pour des idiots. Ils sont bien plus précoces qu’on ne le pense pour comprendre la vie. »

ARTICLES SPONSORISÉS AILLEURS SUR LE NET

ARTICLES SPONSORISÉS AILLEURS SUR LE NET