Voyage en enfer avec Mylène Farmer !

Emilia Jones et Mylène Farmer dans "Ghostland", un film d'horreur d'une violence dérangeante. © Mars film
Emilia Jones et Mylène Farmer dans "Ghostland", un film d'horreur d'une violence dérangeante. © Mars film

Nous avons vu "Ghostland" (en salle le 4 avril), qui signe son grand retour au cinéma. Un rêve qui s’accomplit… ou plutôt un cauchemar tant ce film d’horreur est violent.

"Accident in a ghostland", pour reprendre le titre exact, est l’un des films les plus attendus de l’année par au moins deux catégories de personnes : les fans de films d’horreur qui suivent la carrière du réalisateur français Pascal Laugier depuis "Saint Ange", "Martyrs" ainsi que "The secret" (avec Jesssica Biel), et les fans de Mylène Farmer qui s’impatientaient de voir la chanteuse retenter sa chance au cinéma. On n’a pas trop de mal à imaginer ce qui dans l’univers cruel et intimiste, à la fois réaliste et fantasmé, du cinéaste, a plu à Mylène. C’est d’ailleurs elle la première qui l'a contacté, pour tourner le clip à l’ambiance gothique et poétique de sa chanson "City of Love". En retour, il lui a proposé ce rôle secondaire mais primordial de mère courage dans "Ghostland".

Monstres de foire contre jeunes filles en fleur

D’abord, le résumé de l’histoire. Dans un coin perdu d’Amérique, une mère de famille célibataire et ses deux filles font route vers la maison qu’une vieille tante excentrique vient de leur léguer. Sur la route, elles sont dépassées par un mobile home de vendeurs de sucreries. L’aînée, passionnée de littérature d’épouvante, leur fait un gentil signe, comme sa maman. La cadette, ronchonne, elle, leur fait un doigt d’honneur. Le soir, la petite famille arrive dans la demeure, extrêmement isolée. A l’intérieur, la décoration est constituée d’un micmac dérangeant de maison de poupées, de bâtisse où depuis le XIXe siècle s’entasserait tout un bric-à-brac d’objets hétéroclites et poussiéreux, de maison hantée avec ses fantômes qui jaillissent de leur boîte. Elles ont à peine eu le temps de sortir leurs affaires que le mobile home se gare devant la maison… Commence une scène d’horreur pure, avec deux agresseurs monstrueux. L’un est une espèce de taureau de foire débile, tout en graisse, attiré par l’odeur des jeunes filles en fleur. L’autre est une caricature de drag queen démoniaque. Dans un combat furieux, la mère, contre toute attente, parvient à les neutraliser. A moins que ce soit sa fille aînée qui souhaite tellement masquer la réalité qu’elle s’est réfugiée dans un monde imaginaire…

Emilia Jones livre une performance époustouflante, dans un rôle qui ne l'épargne guère. © Mars Films
Emilia Jones livre une performance époustouflante, dans un rôle qui ne l'épargne guère. © Mars Films


Quand elle parle du film, Mylène Farmer évoque un "train fantôme". C’est vrai qu’à partir du moment où l’histoire commence à partir en vrille, on n’arrête plus de voir des monstruosités surgir de tous côtés. Le point de départ n’est pas d’une originalité folle – l’imaginaire comme refuge face à une vérité trop atroce –, et comme il s’en est bien rendu compte, Laugier multiplie les chausse-trapes et les retournements de situation pour continuer à nous tenir en haleine. Il y parvient en partie, grâce à son sens du rythme et de la mise en scène, et ses ambiances "freaks", même si la barque finit par être tellement surchargée que le scénario en devient par moments grotesque. L’ensemble baigne dans une violence constante qui peut finir par choquer même les plus endurcis, d’autant plus qu’elle est très sexualisée et que Laugier ose la diriger contre de toutes jeunes filles, des enfants encore. Le voyeurisme propre au genre laisse alors la place au glauque.

Au côté d'Emilia Jones, Taylor Hickson s'est livrée s'en retenue aussi. © Mars Films
Au côté d'Emilia Jones, Taylor Hickson s'est livrée s'en retenue aussi. © Mars Films

Mylène, plus vraie qu'en réalité

Ce qui permet à l’histoire de nous tenir jusqu’au bout, c’est vraiment la performance des actrices. D’abord Emilia Jones, qui joue la sœur aînée, Elizabeth, jeune, et Taylor Hickson, qui joue sa cadette Verra. Et puis, il y a Mylène Farmer, qui va séduire ses fans, et n’effarouchera pas les autres. Car elle s’en sort avec les honneurs, sans jamais tirer la couverture à soi. Il y a en plus quelque chose de troublant à voir dans un rôle de femme "normale", de maman. La chanteuse a tellement fait de sa vie une mise en scène, n’apparaissant plus depuis des années que dans ses clips ou sur scène, qu’il aura fallu finalement un film pour la voir telle qu’elle est, d’une beauté avec toujours un peu d’enfance dans le regard, alors qu’elle a 56 ans. Mais qu’est-ce qu’elle déguste dans le film. Mylène aime les univers sanglants, elle est servie !

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