#TheVoiceBE : comment la prod. protège les candidats

"Il n’y a pas de "screening" au préalable" assure la responsable de la communication Web de "The Voice Belgique". © RTBF
"Il n’y a pas de "screening" au préalable" assure la responsable de la communication Web de "The Voice Belgique". © RTBF

Alors que l’affaire Mennel déchire toujours nos voisins français, immersion 2.0 à la RTBF. Quel contrôle le service public exerce-t-il sur l’identité numérique de ses talents ?

Le mois dernier, Mennel Ibtissem tentait sa chance à "The Voice : La plus belle voix", sur TF1. Si la jeune fille a depuis fait la une des médias, ce n’est pas pour sa divine reprise d’"Hallelujah", mais pour ses messages complotistes glanés sur les réseaux sociaux par des internautes malintentionnés.

De quoi déclencher un véritable raz de marée médiatique. Poussée vers la sortie, la chanteuse franco-syrienne a finalement déclaré forfait. « En Belgique, il y a peu de chance que ce cas de figure se produise », affirme Marie-Paule Lemmens, chargée de la communication Web du télé-crochet de la Une. « Il n’y a pas de "screening" au préalable pour savoir si les talents ont des opinions qui pourraient être problématiques. Leurs comptes personnels restent personnels. S’ils ont des avis tranchés, c’est à eux de les assumer. En revanche, on les encourage vivement à sécuriser leurs profils afin de préserver leur intimité. On leur explique que tout ce qui est public est potentiellement exploitable par tout un chacun. Donc dans l’éventualité où certains auraient écrit des choses un peu limites en ligne, ils auraient fait en sorte de rendre ça invisible aux yeux de tous. C’est juste du bon sens. »

« On leur demande par ailleurs de signer deux contrats lors des présélections », poursuit Marie-Paule. « Il y a celui qui les lie à la maison de disques avec laquelle ils vont travailler en cas de victoire, et celui avec la RTBF, qui a plusieurs objectifs, et dont l’une des clauses engage les participants à ne pas tenir de propos qui pourraient nuire à l’émission durant sa diffusion. »

Concrètement, comment ça se passe ?

Avant les Blinds, les journalistes de l’émission procèdent à des petites interviews de façon à en savoir plus sur la personnalité des candidats. « L’objectif est purement rédactionnel. Il n’est pas question de recueillir les convictions des gens, ces entretiens servent à établir un storytelling autour du talent », indique la responsable des réseaux sociaux de "The Voice Belgique". Quant aux candidats qui ont des profils publics, « notre équipe prend la liberté d’aller y jeter un œil, mais c’est en accord avec le talent. Cela permet de s’informer de manière différente sur qui ils sont, ce qu’ils aiment. »

Pour le reste, « on les accompagne dans leur présence sur les réseaux sociaux. On veille notamment à ce qu’ils aient tous une page d’artiste et on les sensibilise au fait qu’ils vont devoir agir en tant que personne publique. » Au début de chaque saison, une formation de community management est ainsi organisée. « On crée leur page Facebook, mais on tient vraiment à ce qu’ils la gèrent eux-mêmes. On leur donne les éléments de base pour qu’ils ne soient pas démunis, on leur explique comment faire face aux trolls, et puis après, c’est à eux de jouer. On intervient seulement dans la gestion des photos, des bandeaux, etc., pour la cohérence graphique des pages. On garde donc une petite main, mais elle est franchement très discrète. Une fois qu’ils ont quitté l’aventure, on quitte l’administration et ils font tout ce qu’ils veulent. »

En cas de lynchage médiatique, « d’abord on les prévient que c’est quelque chose qui pourrait arriver », indique Marie-Paule Lemmens. « Le conseil qu’on leur donne ensuite est de ne pas alimenter la bête. Mais ça ne s’est jamais passé, et je pense qu’il y a peu de chance que ça se passe dû à la nature du programme. Après c’est vrai qu’on a déjà constaté que les réactions du public sont différentes lorsqu’un talent voilé ou issu de l’immigration se présente. C’est dommage… mais pour en revenir à l’affaire Mennel, je pense qu’on n’aurait pas trouvé ses idées sur la Toile parce qu’on avertit les talents avant qu’ils doivent faire attention à ce qu’ils ont et ce qu’ils vont partager. »

 

"The Voice Belgique", mardi 27 février, 20h20, la Une

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