Véronique Sanson : "C’est pour le public que je ne suis pas morte"

Véronique Sanson reprendra la route en avril et fêtera ses 70 ans le 24 avril sur la scène du palais des Sports à Paris. © Patrick Swirc
Véronique Sanson reprendra la route en avril et fêtera ses 70 ans le 24 avril sur la scène du palais des Sports à Paris. © Patrick Swirc

Après avoir été victime d'un cancer des amygdales, qui l'a contrainte à annuler une partie de sa tournée, Véronique Sanson s'apprête à remonter sur scène. Elle sera le 15 mai au Cirque Royal. Interview.

Tout d’abord, comment allez-vous ?

Ecoutez, je ne vais pas trop mal, même si c’est très long comme guérison. Je dis toujours que ce n’est pas une maladie faite pour les gens impatients. Et comme je le suis, je trouve que ce n’est pas possible que ça dure aussi longtemps, notamment les effets secondaires. Mais la bonne nouvelle, c’est que je vais bien.

Vous êtes en rémission ?

Oui. Cependant, ça peut revenir à tout moment. Mais comme disait ma mère, pour le quart d’heure, ça a l’air de bien aller. Ma tumeur est partie. Par contre, j’ai énormément d’effets secondaires. A commencer par la fatigue. C’est bien plus que d’être simplement crevée. J’ai perdu la salive aussi. Mais ça va s’arranger…

Vous reprenez quand même des forces, à moins d’un mois du début de votre tournée ?

Oui, je vous rassure. Avant, je n’arrivais pas à récupérer. Mais là je sais que ça va venir. C’est vrai que lorsqu’on est quelqu’un de très énergique et qu’on n’a plus envie de rien faire, c’est frustrant. Actuellement, j’ai l’impression de sortir d’hibernation.

Vous aviez aussi perdu le goût…

Oui. On m’avait prévenue que ça arriverait. Mais ça s’est produit assez tard durant les six semaines de radiothérapie, et j’avais oublié que ça me pendait au nez. Un jour, alors que je dînais avec mon fils, j’ai commandé du saumon fumé et des huîtres, et j'ai tout salé alors que ça l’était déjà fortement. J’avais perdu le goût. J’avais l’impression qu’ils avaient mis de l’eau dans le vinaigre. Maintenant, c’est revenu, mais à l’envers : je trouve que tout est trop salé ! (Rires.)

Votre plus grande inquiétude a été pour votre voix. Comment ça se passe de ce côté ?

Heureusement, mes cordes vocales n’ont pas été brûlées par les rayons. Donc, ça va, même si, lorsqu’on n’a pas de salive, ce n’est pas simple de dire un texte. Donc je croise les doigts pour ne pas avoir la langue collée au plafond au moment de reprendre ma tournée.

Vous remontez sur scène le 3 avril à Tours et vous passerez aussi par la Belgique. Vous êtes impatiente de retrouver le public ?

Je suis extrêmement stressée. Je le suis déjà en temps normal, j’ai toujours eu le trac, mais encore plus maintenant. Mais je vais me débrouiller, faire ce qu’il faut pour offrir un spectacle formidable. Si c’est pour être juste sur scène et présenter quelque chose de médiocre, il n’en est pas question. Je suis donc très motivée. Les gens qui viennent me voir m’ont envoyé tellement de messages d’encouragement. Ils m’ont écrit pour me dire qu’ils ne m’en voulaient pas d’avoir dû laisser tomber toute une série de dates, alors que j’étais furieuse de mon côté d’avoir dû le faire, moi qui n’avais jamais annulé un seul concert en 50 ans de carrière. J’ai chanté avec le poignet cassé ou 40 de fièvre. Mais cette fois-ci, je n’ai pas eu le choix. J’aurais été incapable d’être sur scène, je n’aurais même pas pu monter les escaliers. Mais là, j’entends être à la hauteur ! C’est pour eux autant que pour moi. Sinon, ce serait une trahison.

Pour reprendre votre tournée, vous aurez besoin du soutien de vos proches, à commencer par votre compagnon, Christian Meilhan. Il vous suit sur la route ?

Parfois. J’ai de toute façon toujours besoin du soutien de mes proches. J’ai besoin qu’on me dise : "Your are ZE best." Même si ce n’est pas vrai. Il faut toujours se sentir la plus belle du monde pour être bien dans sa peau. Et il n’y a pas que mes proches. Il y a aussi le public, les spectateurs. C’est pour eux que je ne suis pas morte ! Je ne le répéterai jamais assez. Je le pense sincèrement. Car je leur dois beaucoup. Je voulais leur renvoyer l’ascenseur. Même si je ne me sens pas bien un jour sur scène, je ferai semblant d’être forme et je serai là pour eux ! Ils m’ont trop donné.

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans le Ciné-Télé-Revue de cette semaine.

Concert le 15 mai au Cirque Royal. Réservations ici.

 

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