Tous debout… pour Franck Dubosc !

 © Gaumont
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Franck Dubosc partage l’affiche de "Tout le monde debout" avec Alexandra Lamy, qu’il dirige aussi – une première et une réussite, tant cette comédie romantique est une magnifique surprise.

Le hasard a de ses facéties. Le jour même où Stephen Hawking, l’une des plus grandes célébrités mondiales vivant en chaise roulante, nous quitte, Franck Dubosc nous arrive avec "Tout le monde debout", sa première réalisation, où il joue un dragueur impénitent qui n’hésite pas à se faire passer pour un handicapé physique afin de séduire une jolie femme elle-même en chaise roulante (campée par Alexandra Lamy). Loin de nous de penser que cette comédie romantique va révolutionner elle aussi le monde de la physique, mais pour une première, Franck Dubosc s’en sort haut la main. « Tout le monde debout » est une excellente surprise, où le Chirac de "Camping" laisse la place à un personnage qui va évoluer de façon inattendue, en gagnant en intelligence et en capacité d’empathie – des qualités dont l’absence se révèle plus handicapante encore que des jambes clouées dans un fauteuil. C’est toute l’histoire du film, écrit avec finesse et une véritable bienveillance pour ses personnages. Malgré le titre, on n’a pas affaire à concours de vannes sur le handicap moteur, qui aurait pu choquer les principaux intéressés. Dans l’interview qu’il nous a accordée avec Alexandra Lamy dans le Ciné-Télé-Revue de ce jeudi, l’acteur-réalisateur nous confie qu’il a foncé dans l’aventure sans craindre de choquer : « Pour moi, c’était un moteur de comédie et, naïvement, je n’y ai pas pensé du tout. Au départ, il a bien l’anecdote arrivée à mon ami François, mais je pensais surtout à ma mère, qui a eu besoin d’un fauteuil roulant. J’ai pensé aux autres dans son cas. Etre debout, c’est dans la tête que ça se joue. Mon personnage, en ce sens, est bien plus handicapé que celui d’Alexandra. »

La bourde de François Feldman

Quand il parle de son ami François, Franck Dubosc fait bien sûr référence à Francois Feldman, dont la célèbre bévue lors du téléthon de 1996 a inspiré le titre du film. Emporté par son enthousiasme, le chanteur avait crié sur scène : "Tout le monde debout !", avant de prendre conscience qu’il avait devant lui des gens en chaise roulante. Il avait tenté de se rattraper en disant : "Là-bas", vers les gens du fond ! Dubosc reprend cette maladresse à son compte dans une scène d’anthologie où son personnage, discutant avec un groupe de handicapés sportifs comment cela se passe pour les compétitions, il leur pose toutes les questions les plus naïvement effrontées possible, comme : est-ce qu’on peut courir dans la même catégorie avec un seul bras ou sans bras du tout ? Des moments qui passent sans souci car son personnage, de dragueur lourd va changer… grâce à l’amour ! Alors, si le jeu d’Alexandra Lamy en hémiplégique championne de tennis et violoniste virtuose est remarquable, il ne faut pas mésestimer le travail de Franck Dubosc lui-même, qui aura finalement dû attendre de se diriger lui-même pour livrer sa meilleure performance. Il pourra sans doute confirmer cette transformation dans "Toute ressemblance", le film que prépare Michel Denisot.

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