Thérapie Taxi : "Nos paroles génèrent beaucoup de polémiques"

Drôles, décontractés, sans pression: les Thérapie Taxi étaient au NRJ Music Tour de La Louvière, le 4 mai dernier  © Ciné-Télé Revue
Drôles, décontractés, sans pression: les Thérapie Taxi étaient au NRJ Music Tour de La Louvière, le 4 mai dernier © Ciné-Télé Revue

Numéro 1 en Belgique avec leur "Hit Sale" en duo avec Romeo Elvis, le groupe Thérapie Taxi aime les paroles trash mais revendicatrices. Rencontre avec les deux interprètes, Raphaël et Adélaïde. 

Comment est né "Thérapie Taxi" ?

Raphaël : Dans un accouchement difficile et long, ponctué d’embuches, d’embauches…

Adélaïde : Et de pintades ! (Rires.)

C’est-à-dire ?

Raphaël : Former un groupe, savoir ce que l’on veut raconter artistiquement et se trouver soi-même, ce sont des choses qui prennent du temps. Et finalement, tout ce boulot, cela donne "Thérapie Taxi".

Justement, d’où vient ce nom de groupe ?

Raphaël : Alors, qu’est-ce que je peux vous inventer cette fois-ci ? En fait, j’étais en train de faire un scrabble avec ma grand-mère qui est très forte à ce jeu. Elle était sur le point de me battre et donc, je lui ai fait croire que "Thérapie Taxi" était un nom de groupe super connu, car je n’avais que ces lettres-là pour former le mot. Donc, je l’ai inventé pour gagner contre ma grand-mère et puis, je me suis dit que ça pouvait vraiment être une chouette identité.

Adélaïde : Pas mal, tu t’en es bien tiré.

Petit à petit, vous connaissez le succès, notamment avec notre petit Belge Roméo Elvis sur la chanson "Hit Sale". Pourquoi cette collaboration ?

Adélaïde : Alors "notre" Belge, je tiens à préciser que maintenant c’est le "nôtre" (Rires.) Blague à part, on aimait bien sa musique, tout simplement. Il commençait à se faire connaître dans le milieu. On avait envie d’un featuring rap et on ne savait pas trop avec qui.

Raphaël : Ensuite, moi j’ai écrit ce titre et au fur et à mesure, j’imaginais sa voix sur sa partie. Je l’avais déjà en tête. Le texte, je trouvais que ça se rapprochait déjà d’un vocabulaire rap qu’il pouvait lui-même accentuer. C’est finalement chouette qu’il ait accepté et je pense que si ça fonctionne aussi bien, c’est justement parce que dès le début, j’avais l’univers de Roméo en tête.

Adélaïde : Par contre, on avait peur quand même. Quand on a reçu son premier mail avec le couplet, on se demandait ce que ça allait donner. Et finalement, le texte passait naturellement et correspondait parfaitement. On savait qu’on tenait un truc fort et on était hyper excité.

Donc, vous avez quand même eu une petite appréhension avant ?

Raphaël : Il faut dire qu’on a beaucoup bloqué sur cette chanson, avant que Roméo Elvis n’intervienne. Tout s’est débloqué au moment où on a découvert son couplet. Tout prenait sens et cela rendait le titre plus puissant.

Dans "Hit Sale", les paroles sont souvent provocantes, tout comme dans votre précédent morceau "Salop(e)". Peut-on dire que vous provoquez pour dénoncer ?

Raphaël : Sur "Salop(e)", je ne pense pas qu’on dénonce quoi que ce soit, à part l’idée qu’une femme peut elle aussi maîtriser les gros mots.

Adélaïde : Mieux que de la dénonciation, c’est de la revendication. On revendique ce côté de la femme un peu trash.

Raphaël : C’est tout l’intérêt de notre ligne artistique. Après, nos paroles suscitent beaucoup de polémiques, je ne le cache pas. D’ailleurs, pour une fois, je suis rentré dans les commentaires YouTube car on a souvent tendance à nous qualifier de sexistes, alors que moi je me considère extrêmement féministe. En écrivant "Salop(e)", j’avais totalement l’impression d’écrire une chanson féministe. Pour moi, le féminisme se défend avec beaucoup de second degré en disant que les filles, elles aussi, peuvent parler crûment.

Adélaïde : Les filles ne reçoivent pas uniquement des insultes, elles peuvent aussi insulter de leur côté. C’est ça le message, qui paraît tellement évident aujourd’hui.

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