Tara de "Top Chef” : “On ne s’attend pas à ce qu’une femme s’impose autant”

L'expérience de "Top Chef" a été comme un rêve pour Tara, dernière femme à quitter la compétition. © Jean-Philippe Robin / M6
L'expérience de "Top Chef" a été comme un rêve pour Tara, dernière femme à quitter la compétition. © Jean-Philippe Robin / M6

La dernière candidate féminine du concours de RTL-TVI a été éliminée hier. En compagnie de Tara, on revient sur son parcours, sur les commentaires des réseaux sociaux et sur la place des femmes en cuisine.

Vous avez été éliminée face à Adrien dans l’épreuve de la dernière chance. Est-ce que vous avez des regrets ?

L’épreuve de la dernière chance, c’est tellement difficile, on n’a pas le temps de penser logiquement. Notre instinct nous dit de faire quelque chose et on le fait parce que l’épreuve ne dure qu’une heure, c’est vraiment rien. Si je pouvais reprendre cette épreuve, j’aurais enlevé quelques éléments de mon assiette parce que j’ai tellement stressé que j’ai fait quatre plats en un. Il y avait tellement d’éléments dans mon assiette que j’aurais pu enlever trois choses et ce serait passé. L’assiette était créative, les goûts y étaient, j’ai voulu trop bien faire et ça m’a entraîné dans l’erreur. 

Vous disiez dans l’émission que vous vouliez prouver à votre famille que vous étiez faite pour la cuisine. Est-ce que ces cinq semaines dans “Top Chef” les ont convaincus ?

Oui, je pense que c’est la première fois qu’ils me voient en action. Ils m'ont envoyé pas mal de messages en me disant qu’ils étaient impressionnés, qu’ils n'avaient aucune idée que c’était comme ça. Ça m’a vraiment permis de communiquer avec eux sur ce que je fais au quotidien et sur les difficultés du métier. On ne s’attend pas à ce que ce soit tellement oppressant parce que ce n’est que de la cuisine au final, mais il y a tellement de pression que parfois on a l’impression qu’on vient de tuer quelqu’un. 

Qu’est-ce que vous retenez de ces cinq semaines de concours ?

Je retiens pas mal de bonnes choses, ça a été une expérience géniale, j’ai rencontré pas mal de personnes top, que je suis très contente d’avoir rencontrées et que j’espère garder dans ma vie pendant encore longtemps. Ça a vraiment réveillé quelque chose en moi et j’espère que je vais continuer à avancer, à m’améliorer dans ce que je fais. 

Beaucoup de candidats disent que les caméras les gênent pendant le tournage. Est-ce que c’est votre ressenti également ? 

Pour moi, je pense que c’est le contraire. Effectivement, c’est très dur quand on a un journaliste qui nous pose des questions tout le temps. Il faut penser à ce qu’on est en train de faire, penser au temps, penser aux règles de l’épreuve, et on a quelqu’un qui nous pose des questions et qui nous dit : “Tu peux répéter ce que tu viens de dire ?” alors qu’on a déjà dix trucs dans la tête, donc c’est sûr que c’est un peu compliqué. Vous savez, être dans la télé, ça nous donne un pouvoir, celui d’influencer les gens, de représenter quelque chose pour les gens. J’ai eu pas mal de jeunes filles qui m’ont envoyé des messages en me disant “Je voudrais faire ce métier mais je ne sais pas comment m’y prendre, comment en parler à ma famille”, et ce n’est pas une chance qui est donnée à tout le monde. 


Qu’est-ce qui vous a le plus surpris dans votre aventure ?

Je pense que c’était toute l’expérience dans son ensemble, on a l’impression d’être dans un rêve. C’est surréaliste quoi. C’était une expérience géniale et je ne m’attendais pas à ça. Quand je voyais les gens pleurer, je me disais “mais c’est quoi ça ?” et finalement j’ai pleuré tout autant. Et pourtant, j’ai essayé de me contrôler ! Heureusement qu’ils coupent les séquences au montage parce que je pleurais pendant trois heures. Ce n’est pas facile de se montrer tellement, je n’ai pas caché qui j’étais, à aucun moment. Et puis je suis la première Libanaise à me retrouver dans un concours pareil. Quand on sait qu’il y a autant de gens qui comptent sur nous, tout un pays et même toute une partie du monde, ça met pas mal de pression. 

Vous étiez la dernière femme de la compétition. Qu’est-ce que vous inspire ce manque de femmes dans le monde de la cuisine ou même à la télévision ?

Honnêtement, je comprends le manque de femme. Dès qu’une femme donne son avis, elle passe pour la connasse, pour une fille qui ne sait pas la boucler, etc. Les gens demandent plus de femmes en cuisine, mais dès qu’il y en a une qui essaye d’être honnête, ils la détruisent. Le métier de cuisinier pour une femme n’est pas évident, c’est difficile de trouver une stabilité entre vie privée et vie professionnelle. On est souvent au boulot pour de très longues heures, ce n’est pas ce qu’il y a de plus facile à faire en termes de timing, de stress sur le corps et aussi moralement. Personnellement, je pense qu’il faut suivre ses rêves indépendamment de ça, et que si on veut faire quelque chose, on peut vraiment réussir. Après, je comprends pourquoi il n’y a pas beaucoup de femmes en cuisine. Moi, je ne travaille pas 24h/24 dans un restaurant. Je l’ai fait pendant des mois et j’ai fini avec une opération de la main, mon corps n’a pas supporté le stress. 

Vous avez été une candidate marquante de cette saison. Est-ce que vous pensez que c’est le cas parce que vous étiez la dernière femme à concourir, cela vous a permis de vous démarquer ?

Je pense qu’on ne s’attend pas à ce qu’une femme s’impose autant. Et surtout quelqu’un qui vient du monde arabe ! On n’est pas habitués à ce que les femmes parlent et s’expriment autant, mais je suis fière d’avoir eu cette chance. 

Vous avez divisé les internautes. Est-ce que vous prêtiez attention à ce qu’il se disait sur vous sur les réseaux sociaux ?

Ah non, le point positif en étant à New York, c’est qu’il est 15h00 chez moi au moment de la diffusion à la télévision et que je suis au boulot. Quand on marque les esprits, c’est normal qu’on ne les marque pas toujours de façon positive. J’ai quand même reçu beaucoup de messages de gens qui ont été très chaleureux avec moi, et c’est normal qu’il y en ait d’autres qui soient un peu énervés par moi. Je ne m’attendais pas à ce que tout le monde m’aime.

Quelle est la suite ?

En ce moment, je suis à New York et je voyage pas mal entre la France et le Liban pour des projets dont je ne peux pas trop parler pour l’instant. J’espère pouvoir les partager avec vous quand ce sera le moment. Ça a vraiment été une très bonne expérience, et cela a réveillé quelque chose en moi. Je compte rentrer dans tout ce qui est médias, peut-être écrire des livres. Je veux continuer à partager ma passion avec tout le monde, donc j’espère pouvoir le faire. 

On a des chances de vous revoir à la télévision alors ?

On me reverra peut-être un jour en télévision, on croise les doigts. On se dit à bientôt sur les écrans !

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