"SOS, mon enfant regarde du porno !"

"Si l'enfant n'est pas préparé, ça peut créer un traumatisme", explique notamment la sexologue Alexandra Hubin. © FTV
"Si l'enfant n'est pas préparé, ça peut créer un traumatisme", explique notamment la sexologue Alexandra Hubin. © FTV

Et il n'est pas le seul ! Selon une étude, 1 jeune sur 5 âgé de 14 à 24 ans regarde au moins une fois par semaine des films x. On en parle avec Alexandra Hubin, sexologue et animatrice dans l'émission "Je t'aime, etc." sur France 2.

Selon une étude menée en juin 2018 pour le Fonds Actions Addictions, la Fondation Gabriel Péri et Fondation pour l’innovation politique en France, un cinquième des 14-24 ans (21 %) regardent au moins une fois par semaine du porno. Une consommation qui atteint parfois des niveaux dramatiquement élevés : 9 % des jeunes regardent des films x quotidiennement, dont 5 % plusieurs fois par jour ! Près d’un jeune sur deux explique aussi avoir tenté de reproduire des scènes vues dans ce type de films…

Comment réagir ? Que dire à nos ados ? Et comment prévenir les plus jeunes, qui, en un clic, pourraient tomber malgré eux sur des images obscènes ? Les réponse de la Belge Alexandra Hubin, sexologue et animatrice dans l'émission "Je t'aime, etc." tous les jours, à 15 h 05, sur France 2.

Comment réagir si je découvre que mon enfant est tombé sur des images pornographiques ?

Il y a cette nuance très importante entre le fait de tomber dessus par hasard ou intentionnellement. Aujourd'hui, même en tapant simplement son prénom sur Google pour en connaître l'étymologie, on risque de tomber très vite sur des actrices pornos qui s'appellent Julie ou Alexandra, par exemple ! Le nombre d’enfants exposés malgré eux à la pornographie est très important et en tant que parents, nous avons raison de nous en inquiéter. En fonction de l’âge de l’enfant, du contexte dans lequel il a vu les images et du contenu des films (certains sont plus perturbants que d’autres), cela peut créer de vrais traumatismes. Il pourrait faire des crises d’angoisse et développer des troubles du sommeil. Un peu comme moi, quand, gamine, j'ai regardé "Les dents de la mer" et fait de nombreux cauchemars par après. Ici, c'est le même principe : ce sont des visions qui ne sont pas du tout adaptées à nos enfants !

Que devons-nous leur dire alors ?

Le message à faire passer avant tout, c'est que ce n'est pas la vraie vie et que ce ne sont pas des films qui sont adaptés pour eux. En plus, ces images sont faites pour créer une excitation sexuelle ; les réalisateurs de films pornos sont très forts pour ça ! Ils élaborent des scénarios érotiques qui correspondent aux fantasmes les plus courants, ils font des zooms sur les parties génitales… Ce qui est important, ici, c'est de ne pas culpabiliser son enfant qui, malgré lui, a été confronté à ces images. Parce qu'il a peut-être ressenti une forme d'excitation. Donc bien lui expliquer que ce sont des films qui font des sensations étranges dans le corps et que peut-être il a éprouvé cela. Mais qu'ils ne sont pas le reflet de la réalité, que ce n'est pas ça, faire l'amour. Sans entrer trop dans les détails ! Il faut aussi lui parler de respect ; respect de soi, de son partenaire… Et expliquer qu'il est important de se protéger.

Et quelles conséquences peut avoir une "consommation" régulière de films pornographiques durant l'adolescence ?

Plus ils consomment jeunes, plus le risque est grand qu’il y ait des répercussions sur leur sexualité : certains demandent à leur partenaire de reproduire des scènes de sexe vues dans les vidéos, d’autres ont du mal à érotiser les personnes pour qui ils/elles ont des sentiments amoureux. Et plus globalement, surtout, on repère que la consommation de films pornographiques chez les jeunes affecte leur niveau de confiance en soi à un âge où ils sont pourtant en pleine construction identitaire…

D'autres chiffres et l'analyse complète d'Alexandra Hubin sont à découvrir dans le Ciné-Télé-Revue de ce jeudi 15 novembre.

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