Rodrigo Beenkens : "On a trop tendance à voir le verre à moitié vide"

Rodriguo Benkens
Rodriguo Benkens

Que manque aux Diable rouges pour rivaliser avec les plus grandes nations ? Nous avons posé la question au journaliste de la RTBF.

Après avoir posé la question à Anne Ruwet, la journaliste foot de RTL, quel est le point de vue côté RTBF ? Rodrigo Beenkens nous donne quelques éléments de réponse...

"Tout d’abord, je trouve que d’une manière générale, le Belge est excessif quand on parle de foot. Quand un match n’est pas terrible, c’est la catastrophe et lorsque ça se passe bien, on s’imagine champions du monde ! C’est évidemment plus nuancé. On a le devoir d’être critique, mais il y a parfois un côté très négatif autour de cette équipe. On a trop tendance à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Après, autant il y a quatre ans, certaines critiques m’ont paru injustes, autant la déception était justifiée il y a deux ans lors de l’Euro. Ce n’est pas normal d’être battu par une équipe comme le pays de Galles."

Comme d’autres, Rodrigo pointe notamment le fait que des joueurs qui excellent en club ne sont pas toujours au top avec les Diables. "C’est le cas avec De Bruyne ou Mertens. C’est pour ça qu’il faut jouer le plus souvent avec la même équipe, pour que les automatismes arrivent. Regardez les deux dernières équipes championnes du monde : l’Allemagne était composée en grande partie de joueurs du Bayern et de quelques gars de Dortmund, tandis que l’Espagne, en 2010, reposait essentiellement sur des joueurs du Real Madrid et Barcelone. Chez nous, les 14 joueurs qui ont le plus de chance de monter sur le terrain évoluent dans 11 clubs différents ! Ensuite, il y a parfois un manque d’implication. Bien sûr, ils ont envie d’aller loin, mais on a l’impression que si ça marche, tant mieux, mais que si ça ne marche pas, ce n’est pas la fin du monde. Beaucoup de Diables n’ont jamais joué dans le championnat belge et ont évolué directement à l’étranger. Ils y ont fait leur vie, certains ont trouvé leur épouse là-bas. Quel est encore leur lien réel avec la Belgique ? Ils sont dans un autre monde. Bien sûr, un Eden Hazard garde ses attaches, car il a toute sa famille ici. Mais ce n’est pas le cas de tous."

Des supporters déçus

Un manque d'investissement de la part de certains Diables qui expliquerait l'impression générale que les supporters belges sont moins présents cette année. "De façon générale, lors de notre élimination de l’Euro, plus que le fait d’être battu par le pays de Galles, ce qui a énervé les gens, c’est l’impression que les Diables ne rendent pas aux supporters les sacrifices que ceux-ci font pour aller les soutenir, en y consacrant leurs vacances, leur argent… Le public serait prêt à pardonner beaucoup de choses s’ils donnent tout. Qu’est-ce que ça donnera lors de ce Mondial ? Avec ces gars-là, tout peut arriver. S’ils sont dans un mauvais jour, on peut très bien être éliminés en huitième de finale par la Colombie, mais on est capables aussi de battre l’Allemagne ou le Brésil en quart si tout tourne bien, que Hazard est au top, que De Bruyne joue comme à Manchester City…"

Les Diables seront-ils aussi bon en équipe nationale qu'ils le sont en clubs ? La réponse dès lundi 17h lors du match Belgique/Panama.

 

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