"Questions à la une" fait peau neuve

Frank Istasse, éditeur de "Questions à la une", nous parle des changements. © RTBF
Frank Istasse, éditeur de "Questions à la une", nous parle des changements. © RTBF

Le magazine d’enquêtes de la RTBF se renouvelle. Place ce soir à la formule new look que nous présente Franck Istasse, son éditeur.

Un changement dans l’air du temps

"Ce réaménagement est né d’une réflexion avec Frédéric Gersdorff, qui m’a rejoint depuis septembre à l’édition du magazine. Ces modifications s’inscrivent dans la volonté de revenir aux fondamentaux, de refaire du reportage pur jus, de coller davantage à la réalité. Nos enquêtes très formatées nous ont éloignés un peu de cette proximité, il faut l’avouer. Quant à vous répondre sur nos sources d’inspiration, je vous dirais que je ne regarde pas ce que fait la concurrence, mais ce que je vois sur Viceland m’impressionne. Cela me rappelle MTV au début, ça a un côté cool et en même temps, c’est hyper-léché. Leurs reportages prennent le temps d’expliquer les problématiques, ils vous emmènent à la rencontre des gens, c’est ce que j’aime."

La continuité, le versant enquête

"Effectivement, nous n’allons pas tout bouleverser, mais l’enquête ne sera plus un rendez-vous fixe. La structure sera plus souple, cela nous permettra d’être plus flexibles et de rebondir plus facilement sur l’actualité. Notre intention est aussi de pouvoir faire de l’investigation sur le long terme. Notre équipe se compose majoritairement de journalistes qui viennent de tous les horizons de la RTBF, puis qui repartent dans leur secteur, c’est pourquoi nous comptons renforcer notre noyau dur pour aller dans ce sens."

De l’immersion

C’est une tendance grandissante dans le paysage télé, sans doute inspirée de ce qu’on voit sur les réseaux sociaux, cette façon d’emmener le téléspectateur caméra embarquée aux côtés du reporter. Cette manière de gommer le travail journalistique est le coup de frais de cette mouture. Et un attrape-jeunes, Franck Istasse ? "Je serais ravi d’attirer un public plus jeune ! En tout cas, notre volonté est de donner plus de place aux lieux filmés, aux gens interrogés, aux situations qu’on veut mettre en évidence. Ce qui signifie que le travail journalistique est plus difficile à réaliser, il est fait en amont. Tous les points abordés dans une enquête conventionnelle le seront, sauf que dans le format, il n’y aura aucune rupture, cela rend le reportage plus vivant. Mais ce ne sera pas “Strip-tease”, il y aura quand même du commentaire pour guider le téléspectateur. Vous le verrez dans le premier sujet, où Frédéric Gersdorff et notre équipe ont pu passer quelques jours dans les prisons de Lantin et d’Arlon."

Focus sur un inconnu

"Nous irons encore plus loin dans l’immersion en nous focalisant sur une personnalité, connue ou pas. A travers un court portrait, nous aborderons une problématique. C’est à travers son vécu que nous glanerons les informations. Par exemple, vous découvrirez par le suivi du quotidien d’une personne séropositive comment on peut vivre aujourd’hui en Belgique avec le sida, le coût des traitements, comment on peut aussi mener une vie de famille."

Un retour sur la question

"Nous voulions supprimer la rediffusion du second sujet et étant donné que nous avons une manne de plus de 700 reportages, que, souvent, nous nous interrogeons sur que sont devenues les personnes que nous avions interviewées, nous avons décidé de revenir les voir. Nous avons donc commencé par le premier reportage, consacré au business de la mort. Je peux déjà vous annoncer un retour sur l’obsolescence programmée et sur les travailleurs pauvres. Il est assez déprimant de constater que souvent, les situations ne se sont pas améliorées. Mais bon, il ne faut pas être présomptueux. Je ne pense pas que la télé ou la presse a le pouvoir de changer les choses, elle a celui d’informer et d’alerter."

"Questions à la une", mercredi 7 mars, 20 h 20, la Une

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