“Première année” passe avec mention

"Seulement un sur huit réussira": Vincent Lacoste et William Lebghil au coeur de la compétition en première année de médecine pour le réalisateur Thomas Lilti. © Le Pacte
"Seulement un sur huit réussira": Vincent Lacoste et William Lebghil au coeur de la compétition en première année de médecine pour le réalisateur Thomas Lilti. © Le Pacte

Le nouveau film de Thomas Lilti sur le monde de la médecine confronte le parcours de deux étudiants. Un double portrait touchant avec Vincent Lacoste et William Lebghil. Sortie ce mercredi.

Fils de médecin, Benjamin (William Lebghil) suit sans conviction la voie paternelle en s’inscrivant à la faculté de médecine de la Sorbonne. Le détachement, sinon l’indifférence, avec lequel il entame cette première année semble promettre un échec rapide et cuisant. Au cours, Benjamin fait la connaissance d’Antoine (Vincent Lacoste), un garçon venu d’un milieu plus modeste, très éloigné en tout cas du monde des docteurs, mais déterminé à réussir, même s’il « trisse » sa première année et qu’il s’agit de son ultime chance de réussir. Malgré l’univers ultra-compétitif dans lequel ils baignent, une amitié sincère naît entre les deux garçons. Mais si le dilettantisme de Benjamin ne l’empêche pas de comprendre le système et de s'y épanouir, le travail acharné d’Antoine risque surtout de le conduire vers le surmenage et la dépression s’il n’y prend pas garde.
 

William Lebghil et Vincent Lacoste font face ensemble aux épreuves dans
William Lebghil et Vincent Lacoste font face ensemble aux épreuves dans "Première année". © Le Pacte


Figure atypique du cinéma français, Thomas Lilti est à la fois réalisateur et médecin généraliste. Autant dire qu’il sait de quoi il parle ! Après « Hippocrate », déjà avec Vincent Lacoste, et « Médecin de campagne », avec François Cluzet, il continue de creuser son sillon, en nous dévoilant cette fois les arcanes des études de médecine, un milieu très fermé non seulement à cause de la complexité de la matière à apprendre, mais aussi parce qu’il faut avoir les codes pour s’y faire accepter. Avec bienveillance pour ses personnages mis à rude épreuve, il développe une intrigue minimale (qui va réussir son année ?) mais qu’on se surprend à ne pas pouvoir lâcher, tant il maîtrise son sujet. Lebghil, venu de l’univers de la série “Soda”, qu’on est plus habitué à voir dans un registre comique, s’en sort impeccablement dans la peau du simple brave gars qui prend conscience des règles du jeu de son propre milieu. Vincent Lacoste confirme son talent à jouer les rôles les plus nuancés, juste après, notamment “Plaire, aimer et courir vite”. On s’attache à son Antoine qui ne dégage pourtant aucune sympathie de prime abord et tâche de cacher ses failles, mais finit par révéler une profonde humanité. Toute personne qui a entretenu des rêves ambitieux et a risqué de les perdre ne peut que se prendre d'affection pour son personnage.

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