Pef : "Gaston est un personnage qui se mérite"

M'enfin ! Sorti au cinéma en avril, "Gaston Lagaffe" débarque en DVD/VOD. © Arnaud Borrel
M'enfin ! Sorti au cinéma en avril, "Gaston Lagaffe" débarque en DVD/VOD. © Arnaud Borrel

Fier du succès des "Profs", Pierre-François Martin-Laval, dit Pef, s’est attaqué à l’œuvre la plus monumentale d’André Franquin : "Gaston Lagaffe", désormais en DVD/VOD.

Comment vous est venue l’idée d’adapter "Gaston Lagaffe" au cinéma ?

C’était un vieux rêve. Les gens disent qu’il y a du Gaston dans ce que je fais, et quand l’opportunité s’est présentée, j’ai eu envie de montrer aux producteurs que j’aimais Gaston plus que les autres. J’ai loué la voiture de Gaston, je me suis déguisé en Gaston. Je leur avais demandé d’organiser un rendez-vous avec les ayants droit de sorte qu’ils soient face à la rue. Pendant leur réunion, je suis passé devant eux comme un mirage. L’effet a été efficace !

Comment vous êtes-vous approprié l’univers de la bande dessinée de Franquin pour réaliser le film ?

La première chose que j’ai faite a été de relire les albums. Matin, midi et soir, j’étais plongé dans « Gaston » et dans toute l’œuvre de Franquin. J’avais envie de connaître les petits secrets, les anecdotes, la façon dont il voyait Gaston. Je voulais m’immerger pour ne pas me tromper de philosophie et ne pas lui faire d’infidélités. Plus je plongeais dans les BD, plus je me sentais à l’aise, mais ça a mis du temps. Même la veille du tournage, je continuais à modifier l’écriture.

Vous incarnez aussi Prunelle. C’était l’un de vos souhaits d’apparaître au casting ?

C’est vraiment par pur égoïsme, oui ! En tant que réalisateur, ce n’est pas dans mon intérêt de jouer dans mes propres films, ça n’arrange pas l’équipe technique. Et je n’ai pas le temps de créer un lien fort avec les acteurs. Mais avec Prunelle, j’adore avoir des crises d’autorité ou devenir lâche, perdre les pédales. Ce sont des situations comiques que je n’ai pas l’habitude de jouer et qui me manquaient cruellement.

En toile de fond, on retrouve des problématiques liées à la protection de l’environnement, la surutilisation des smartphones. Ce sont des thèmes qui vous tiennent à cœur ?

En fait, des fois, ça m’écœure. On s’envoie parfois des textos alors qu’on est dans la même pièce. J’ai un téléphone comme tout le monde, j’envoie des mails à longueur de journée… Quand je suis avec mon amoureuse et qu’au lieu de se parler, on est tous les deux sur nos téléphones, ça me fait de la peine. Quitte à moderniser l’histoire, autant dénoncer la réalité sans la caricaturer. J’ai essayé de me mettre dans la tête de Franquin : s’il était là de nos jours, comment réagirait-il par rapport à ça ? Je suis sûr qu’il aurait eu quelque chose à dire.

Après "Les profs" et "Gaston", envisagez-vous une nouvelle adaptation de bande dessinée ?

Non. Ce n’est pas pour flatter Franquin, mais Gaston est pour moi le plus burlesque de mes films. J’ai toujours essayé de faire rire comme je le faisais au théâtre, d’enchaîner les gags. J’ai l’impression d’avoir progressé en mise en scène. Il vaut mieux dorénavant que je cherche ailleurs, car Franquin est un gagman qui m’a offert la possibilité de réaliser le film dont je rêvais depuis le début. Je ne pourrai pas faire mieux dans ce domaine.

Vous avez su créer un lien particulier avec Théo Fernandez, qui joue Gaston ?

Quand je l’ai vu en vrai, j’ai eu le coup de foudre immédiat, mais je ne lui ai pas dit, car Gaston Lagaffe est un personnage tellement mythique qu’il devait se mériter. Je voulais d’abord savoir ce qu’il avait sous le capot. Quand j’ai travaillé avec lui, je me suis montré autoritaire parce qu’on n’est pas de la même génération. Mais maintenant, on est en train de devenir proches.

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