"Our Boys", ou ces (autres) enfants qu'on assassine

Une macabre découverte pour l'enquêteur incarné par Shlomi Elkabetz, plus connu pour être réalisateur. D.R.
Une macabre découverte pour l'enquêteur incarné par Shlomi Elkabetz, plus connu pour être réalisateur. D.R.

Cette mini-série sobre et soignée revient sur de récents faits tragiques survenus à Jerusalem. Pour s'éduquer en s'émouvant, c'est par ici.

Ce lundi 12 août à 21h, la chaîne américaine payante HBO a diffusé les deux premiers épisodes d’une mini-série qui n’a rien d’anodin. Il s’agit d’"Our Boys" ("Nos garçons"), production israélo-américaine (HBO et Keshet Studios) créée par Hagai Levi ("The Affair"), Joseph Cedar et Tawfik Abu-Wael. Il nous faut d’abord écrire que son titre pour le moins simpliste tranche avec l’intensité de son propos. Elle est en effet une dramatisation de faits tragiques qui ont secoué Israël, et plus spécifiquement le Nord de Jerusalem durant l’été 2014. Dans un premier temps, trois adolescents Juifs avaient été enlevés par des militants du Hamas, et leurs corps retrouvés quelques jours plus tard à Hébron. Une horreur qui durcit bien évidemment les rapports déjà houleux entre Juifs et Arabes, lesquels furent alors diabolisés comme jamais. D’ailleurs, deux jours plus tard, le corps du jeune Palestinien Mohammed Abu Khdeir est retrouvé carbonisé dans une forêt. Le début du deuxième de ses dix épisodes nous montre son père, en train de le chercher désespérément.

Par rapport à ces tragédies qui déboucheront sur la guerre de cinquante jours de Gaza, on va suivre, d’une part, un agent du gouvernement chargé d’enquêter sur le meurtre de Mohammed, et sur les familles des victimes, qui cherchent à comprendre pourquoi leurs enfants ont été ainsi massacrés, et veulent évidemment que justice soit faite.

Notre avis

Véritablement construite comme un thriller qui a parfois des accents de "24 Heures Chrono", cette série se pare d’ornements judiciaires et policiers, mais ne peut cacher qu’elle revient sur des événements politiques et ultra-sensibles. Et malgré une narration assez sèche et une grande sobriété de ton, l’émotion l’emporte à chaque séquence. Donc le pari est gagné. Ici, tout sonne juste, et rien ne vient dénaturer ce sombre épisode de l’Histoire d’Israël. Faut-il le souligner ? C’est le genre de production très réaliste qui éduque en secouant, et rappelle en passant l’inextricable situation du pays de Jésus…

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