Mike Horn : son expédition en mémoire de son épouse

La traversée en solitaire de l’Antarctique a eu une saveur particulière pour Mike Horn : il s’agit de la dernière expédition qu’il avait commencé à préparer avec son épouse Cathy, emportée par un cancer du sein.  © Mike Horn/Twitter
La traversée en solitaire de l’Antarctique a eu une saveur particulière pour Mike Horn : il s’agit de la dernière expédition qu’il avait commencé à préparer avec son épouse Cathy, emportée par un cancer du sein. © Mike Horn/Twitter

5100 km par - 40 °C : l’animateur de "A l’état sauvage" a traversé en solitaire l’Antarctique afin de concrétiser l’ultime exploit qu’il avait préparé avec sa femme avant qu’elle ne meure.

Le 7 février 2017, Mike Horn achève seul et sans aucune aide sa traversée de l’Antarctique après avoir suivi un itinéraire qui n’avait jamais été exploré. Un véritable exploit. Si le grand public a réellement découvert Mike Horn depuis trois ans grâce à des émissions comme "The Island" et surtout "A l’état sauvage", où il emmène des célébrités durant quatre jours dans des milieux hostiles, ce baroudeur d’origine sud-africaine n’est pas juste un aventurier cathodique. C’est un véritable explorateur des temps modernes que rien ne semble effrayer. Engagé très jeune dans les forces spéciales sud-africaines pour traquer les rebelles soutenus par l’URSS ("A 19 ans, j’ai vu le sang et respiré l’odeur de la mort", confie-t-il), toute sa vie a été mue par le goût de l’aventure. Il a fait l’ascension des plus hauts sommets, effectué la traversée du Pôle Nord, descendu l’Amazone seul, traversé la Cordillère des Andes et on en passe.

Mais sa traversée en solitaire de l’Antarctique, qu’il retrace désormais dans un livre, "L’Antarctique, le rêve d’une vie" (XO Editions), a pour lui une saveur particulière. Et pas seulement parce qu’il est le premier à avoir accompli cet exploit en solitaire et sans moteur. Mais avant tout parce qu’il s’agit de la dernière expédition qu’il avait commencé à préparer avec son épouse Cathy, celle qui a partagé sa vie durant vingt-cinq ans. "Au début de l’année 2015, Cathy a été emportée par un cancer du sein, me laissant orphelin de cœur, seul avec nos deux filles, Annika et Jessica", écrit-il. "Perdre ma femme, pour moi, c’était pire que perdre la vie. J’ai toujours pensé que mon goût du risque et de l’aventure extrême me conduirait presque inéluctablement vers une fin violente et précoce. Jamais je n’aurais pu envisager que ce soit elle qui parte avant moi. Cathy, mon amour, mon ancre, ma boussole… "

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Avec Cathy, son épouse, avant le drame. ©Reporters

"Vis pour nous deux, Mike"

Mike Horn se retrouve perdu à la disparition de son épouse. Mais avant de s’éteindre, Cathy lui fait promettre de respecter un ultime vœu : "Vis pour moi, Mike, vis pour nous deux !" Ce sont ses filles qui rappelleront à l’aventurier cette promesse. "Tu n’avais pas commencé à préparer un truc avec maman ?", lui lance un jour Annika. "Un truc genre traversée du Pôle Sud, celle qui n’a jamais été accomplie par aucun homme. Tu te souviens des paroles de maman ? Vivre encore et toujours, vivre pour elle, pour nous aussi. Aujourd’hui, maman n’est plus là, mais c’est nous, tes filles, qui te demandons de partir là-bas et de réaliser ce rêve."

Revigoré, Mike Horn reprend le projet là où il l’avait laissé avec Cathy. Une expédition sans précédent, où il doit tout d’abord affronter les mers du Sud en bateau, se frayer un chemin entre les icebergs, avant d’entamer la traversée proprement dite de l’Antarctique tout seul, par - 40 °C sur 5100 km, en tirant derrière lui un traîneau de 256 kg. Pour accomplir cette prouesse, il est chaussé de skis et équipé… de cerfs-volants pour le tracter. Une technique efficace mais qui lui vaudra aussi quelques frayeurs selon la puissance des vents, lorsqu’il se retrouve catapulté dans les airs ou plaqué sur les chicanes de glace.

Sa traversée tient d’ailleurs par de nombreux aspects de la folie pure. "L’antarctique monte presque à 4000 mètres d’altitude. Il faut monter 3,8 kilomètres pour arriver sur un plat. Puis il faut encore traverser 120 kilomètres de crevasses pour atteindre le pôle." Le trajet est aussi une véritable course contre la montre… ou plutôt contre l’hiver. "Celui-ci approchait très vite avec des températures qui peuvent atteindre les - 90 °C, auxquelles nul homme ne peut survivre." Les lèvres en sang, les os qui craquent, le bout des pieds gelés, les ongles fendus et noirâtres, il va aller jusqu’au bout de lui-même. Mais ce qui lui permettra d’aller réellement au-delà de ses forces, c’est cette promesse faite à son épouse et qui revient sans cesse : "Vis pour moi, vis pour nous deux." Le fantôme de Cathy l’accompagnera tout au long de ce périple. "Chaque jour, chaque heure, chaque minute, je pense à elle. Son ombre plane au-dessus de moi. Elle est là, dans mon subconscient."

Au bout de 57 jours, il a enfin vaincu tous les éléments. "Cette expérience surpasse toutes celles que j’ai vécues. Le défi était impossible à relever. Et pourtant, j’ai surmonté toutes les épreuves."

Retrouvez l'aventurier dans la rediffusion de "A l'état sauvage"(Christophe Dechavanne, Michaël Youn) ce jeudi sur AB3.

 

 

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