Michael Bublé : "Le cancer de mon fils m’a changé à jamais"

Michael Bublé a vécu l'enfer durant la maladie de son fils. Aujourd'hui, il revit. © Warner
Michael Bublé a vécu l'enfer durant la maladie de son fils. Aujourd'hui, il revit. © Warner

Après avoir pensé arrêter sa carrière à la suite du cancer du foie de son fils, le crooner a repris goût à la vie et à la musique. Il sort ce vendredi un magnifique album intitulé tout simplement "Love". Interview exclusive.

En novembre 2016, Michael Bublé, en pleine promotion de son précédent album, décide d’arrêter tout du jour au lendemain. Les médecins viennent de diagnostiquer à son fils Noah, alors âgé de 3 ans, un cancer du foie. Le chanteur, dévasté, décide avec son épouse de se consacrer pleinement à son petit garçon. Aujourd’hui, Noah va mieux, il est guéri. Et c’est un Michael Bublé métamorphosé, encore meurtri par l’épreuve qu’il a vécue, mais qui a retrouvé foi en la vie, que nous avons finalement rencontré voilà quelques semaines à Londres. Son nouvel opus, "Love", est composé de nombreuses reprises de standards tournant autant du thème de l’amour, de  "When I Fall in Love" à "Unforgettable" en passant même par… "La vie en rose". L’album de la renaissance.

La première question qui s’impose, c’est comment va votre fils ?

Super-bien, merci de prendre de ses nouvelles. Sa vie est redevenue normale. C’est merveilleux.

Il y a deux ans, en apprenant sa maladie, vous avez décidé immédiatement de mettre votre carrière entre parenthèses. C’était la seule chose envisageable pour vous ?

Oui, je ne pense pas que je suis différent de n’importe quel autre parent. La seule différence, c’est que j’avais les moyens pour me permettre de tout arrêter. Tout ne monde n’a pas cette chance.

Est-ce que ça a changé votre regard sur la vie et vos priorités ?

Forcément. C’est impossible de ne pas sortir transformé d’une telle épreuve. Ma priorité a toujours été ma famille, mais ça m’a permis de mieux comprendre ce qui compte vraiment et est réellement important. Cette expérience a eu un impact sur moi, ça m’a changé à jamais. Ça a modifié la façon dont je vois le monde et tout ce que je fais. Mais ça reste très difficile de parler de tout ça, encore aujourd’hui. Je suis incapable de raconter la totalité de ce qu’on a dû endurer, même à mes amis les plus proches. Je l’ai déjà exprimé, on a vécu l’enfer. Et encore, je pense que l’enfer ne doit pas être aussi pénible que ça.

A un moment donné vous avez même pensé arrêter définitivement la musique…

C’est un cheminement compliqué. Je ne prévoyais en effet plus de revenir à la chanson. Je voulais désormais passer tout mon temps avec ma femme et mes enfants. Certains artistes ont écrit leurs plus belles chansons alors qu’ils souffraient dans leur vie. C’était une forme de thérapie pour eux. Mais dans mon cas, ce n’était pas une question de ne plus avoir envie de faire de la musique. Mon amour de la chanson n’a jamais disparu. Mais je voulais revenir à un certain anonymat. Comme je suis une personnalité publique, que je suis célèbre, dès que je croise quelqu’un en rue, on me demande comment va mon fils, comment je me sens. Ça me rappelle directement les moments douloureux qu'on a vécus. Je sais que ça part d’une bonne intention, que c’est gentil de la part de la personne qui m’accoste lorsque je vais à la boulangerie. Mais elle ne sait pas que trois minutes avant une autre personne m’a posé les mêmes questions au supermarché et quatre autres avant elle lorsque je suis sorti de ma voiture. Ce n’est pas simple lorsqu’on veut aller de l’avant, regarder vers le futur, qu’on vienne systématiquement vous rappeler ce que vous avez traversé. C’est pour ça que je voulais redevenir anonyme.

Qu’est-ce qui vous a alors poussé finalement à enregistrer un nouvel album ?

Petit à petit, les blessures guérissent et j’ai commencé à avoir envie à nouveau de créer. Un soir, à la maison, j’ai appelé mes meilleurs amis, qui sont aussi mes musiciens. On a bu des bières, on s’est assis et j’ai commencé à avoir des idées d’arrangements pour des chansons. J’ai éprouvé une joie immense à cet instant et j’ai réalisé à quel point la musique fait partie intégrante de qui je suis. Désormais, j’apprécie plus que jamais mon métier et je ne considère jamais pour acquis à quel point j’ai de la chance.

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans le Ciné-Télé-Revue de cette semaine.

 

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