Maurane était aussi une comédienne

Maurane patronne de bistrot en 2010 pour Jean Becker dans "La tête en friche". © Archives CTR
Maurane patronne de bistrot en 2010 pour Jean Becker dans "La tête en friche". © Archives CTR

La chanteuse décédée subitement ce lundi avait aussi tenu quelques petits rôles au cinéma, surtout pour le réalisateur Jean Becker. Retour sur une carrière absorbée par la musique.

La chanson belge ne s’attendait pas à se réveiller en deuil ce mardi matin. Avec la mort à seulement 57 ans de Maurane, c’est pourtant bien l’une de nos voix les plus reconnues dans toute la francophonie qui disparaît. Mais les amateurs de chansons ne sont pas les seuls à avoir la gueule de bois. Le cinéma aussi pleure une comédienne beaucoup trop rare et discrète mais sincère, qui avait essaimé son talent depuis quelques années dans des films signés de son ami le cinéaste Jean Becker. C’est que, comme pour beaucoup de ces sublimes saltimbanques, le chant et le jeu ont souvent cousiné dans la carrière de Maurane. Elle s’était ainsi produite dans sa jeunesse dans des cafés-théâtres comme La Soupape, à Ixelles, où débutèrent aussi Yolande Moreau ou Bruno Coppens. Elle était passée aussi à l’Os à Moelle, à la Samaritaine, où chanteurs et humoristes se côtoient. Elle s’y faisait remarquer pour son grain de voix, mais aussi pour sa présence sur les planches, avant d’éclater avec ses premiers succès comme artiste interprète. Fatalité du sort, c’est d’ailleurs dans un spectacle en hommage à Jacques Brel que Claudine Luypaerts, de son vrai nom, avait fait ses débuts professionnels, à 18 ans, sous la direction du metteur en scène bruxellois Albert-André Lheureux. Jacques Brel qu’elle chantait encore dimanche et dont elle comptait sortir un album de reprises.

Cette aisance sur scène lui avait valu d’être repérée, après la sortie de son premier album, par Michel Berger, qui l’avait engagée pour sa nouvelle version de l’opéra rock "Starmania", en 1988. Elle y tenait le rôle de Marie-Jeanne. Cet engagement, trop lourd à assumer alors que sa propre carrière musicale décollait, elle devra finalement y renoncer. Elle avait alors eu juste le temps de tourner dans “Carnaval”, un épisode de la série de téléfilms “Cinéma 16”. Elle y jouait au côté de Jean-Luc Bideau, sous la direction du regretté Ronny Coutteure.

Toute jeune dans
Toute jeune dans "Carnaval", de Ronny Coutteure © Capture Vidéo

La chanson d'abord

Par la suite, sa carrière de chanteuse l’accapare. Si elle fait montre d’un véritable talent comique avec les tournées des “Enfoirés”, ce n’est qu’en 1998 qu’elle retrouve un rôle dans un film confidentiel, “Le comptoir”, de Sophie Tatischeff, avec aussi Mireille Perrier. Maurane fait ensuite une apparition dans le rôle de… Maurane, dans la comédie de Valérie Lemercier “Palais royal !”, en 2005.

Dans
Dans "Le comptoir", une bonne vivante. © Capture vidéo


Il faudra attendre une rencontre plus d’amitié que purement professionnelle avec le réalisateur Jean Becker, qui lui offre enfin un “vrai” petit rôle à défendre, en 2010, dans “La tête en friche”, une délicieuse comédie sur les préjugés emmenée par Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus. Après, Maurane passe en coup de vent, toujours pour Jean Becker, dans “Bon rétablissement !”, en 2014. Une comédie dont Gérard Lanvin est la vedette.

Sa dernière apparition au cinéma, au côté de François Cluzet dans
Sa dernière apparition au cinéma, au côté de François Cluzet dans "Le collier rouge", de Jean Becker. © Apollo Films


Elle avait retrouvé une dernière fois Becker pour “Le collier rouge”, un drame sur la Première Guerre mondiale. Le film est sorti le 28 mars chez nous, avec François Cluzet et Nicolas Duvauchelle en tête d’affiche. “Jean m’apprend beaucoup, il sait transmettre sa passion du cinéma. Il sait aussi précisément ce qu’il veut et il arrive à nous “booster” pour l’obtenir. Et puis, j’ai quand même un bol incroyable de tourner avec Gérard Depardieu dans "La Tête en friche" et François Cluzet aujourd’hui, des mecs humbles et bienveillants”, confiait Maurane au journal Sud-Ouest pendant le tournage du “Collier rouge”. Dans "Le comptoir" comme dans "La tête en friche", elle se retrouvait derrière le zinc, à boire un verre ou à le servir, comme la patronne des lieux, autoritaire et maternelle. Un rôle qui lui allait bien.


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