Marie-Anne Chazel : "Je me régale avec ce rôle sombre"

 © FRANCOIS LEFEBVRE / TF1
© FRANCOIS LEFEBVRE / TF1

Habituée à des emplois comiques, l’actrice incarne ici une maman atteinte de la maladie d’Alzheimer. Un personnage particulier qu’elle a dû travailler en profondeur.

A 66 ans, Marie-Anne Chazel reprend les traits de Marianne dans "Le tueur du lac", un rôle touchant pour la comédienne, qui ne cache pas son plaisir de travailler avec un réalisateur (Jérôme Cornuau) qu’elle affectionne : "J’ai un grand faible pour ce professionnel", indique-t-elle. "Il est d’une douceur et d’une précision rares, sans pour autant être dans le conflit ni le rapport de forces. Et il sait exactement ce qu’il veut ! Il peaufine ses projets très en amont. J’adore sa façon de travailler, sa parfaite connaissance des décors, des costumes, de la lumière. Il intervient au niveau de l’écriture et connaît formidablement bien ses personnages. Marianne, cette mère, malade d’Alzheimer, participe au suspense et à l’ambiance un peu étrange de l’histoire. Ce projet est aussi l’occasion, je trouve, de montrer la souffrance terrible qu’entraîne Alzheimer, avec cette prise de conscience avant de plonger dans le vide et de perdre complètement ses repères… Le personnage est bien écrit, avec une petite pointe d’humour. A jouer, c’était très jouissif."

Marie-Anne Chazel est ravie de jouer cette figure centrale, qui pourtant, au fil de l’histoire, s’efface un petit peu : "C’était une volonté des auteurs. C’est d’ailleurs une tendance dans les séries actuelles", fait-elle remarquer. "L’héroïne a une vraie vie, comme nous tous, un amour, un enfant, des parents. Alors plutôt que de montrer des parents absents, ou éternellement en conflit, on présente un autre cas de figure, bien ancré dans la société actuelle, où les enfants se retrouvent en charge de parents plus âgés, plus longtemps. On trouve d’ailleurs une collection d’autres rôles féminins incroyables développés en parallèle, comme ceux d’Anny Duperey (une autre mère), de Julie Depardieu (en ex-femme battue) ou de Romane Bohringer (commandant de police). Aucun n’empiète sur l’autre."

Si l’on connaît la comédienne principalement dans le registre comique, comme en Zézette dans "Le père Noël est une ordure" ou en Gigi dans "Les bronzés", ce contre-emploi est pour elle une bouffée d’oxygène : "C’est très plaisant. Et très facile aussi de s’immerger dans ce rôle, car je connais un peu cette maladie. Ça m’intéresse et me touche… Je me régale avec ce genre de rôle sombre car je n’ai pas été tellement gâtée à ce niveau-là." Et pour profiter pleinement de la dimension du personnage, Marie-Anne Chazel confie avoir proposé au réalisateur d’accentuer le côté sombre de Marianne au cours du tournage : "Ça lui donne beaucoup de chair, non seulement en lui apportant de la légèreté, mais en la rendant plus attachante et très juste."

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