L’histoire vraie derrière "Les Bracelets rouges"

Albert Espinosa (en rouge) et l'équipe de la série "Les Bracelets rouges". © Aurélien Faidy/ VEMA production / TF1
Albert Espinosa (en rouge) et l'équipe de la série "Les Bracelets rouges". © Aurélien Faidy/ VEMA production / TF1

La série événementielle de TF1 s’est achevée sur un énorme succès critique et un carton d’audience. Rencontre avec celui dont la vie a inspiré les scénaristes.

Il s’appelle Albert Espinosa, il est espagnol, et il a survécu à trois cancers. Dans son livre "Le monde Soleil", il ne raconte pas son combat contre la maladie, qui lui a pris une jambe, un poumon et une partie du foie… mais de ce qu’elle lui a appris, jour après jour, alors qu’il entrait dans l’adolescence. Cette période de sa vie, il l’a lui-même portée à l’écran dans la série catalane "Polseres vermelles", adaptée dans de nombreux pays. La France a récemment fait écho à son histoire, qui a ému plus de six millions de téléspectateurs.

Quel personnage êtes-vous dans "Les Bracelets rouges" ?

Clément est mon alter ego. Comme lui, j’ai fait une fête de départ pour ma jambe. J’avais 14 ans quand je l’ai perdue. La veille de l’opération, un docteur m’a suggéré d’organiser une espèce de boum. J’ai invité les gens qui avaient un lien avec le membre qu’on allait m’amputer, comme cette fille à qui j’avais fait du pied sous la table ou ce gardien de but à qui j’avais mis cinquante goals – en réalité, je n’en avais mis qu’un… mais quand on souffre d’un cancer, on nous laisse dire tout et n’importe quoi. (Rires.)

Vous ne manquez pas d’humour !

L’humour aide à surmonter n’importe quelle situation. Pour moi, les meilleures blagues sont celles qui se moquent de la réalité. Un jour, je me suis retrouvé dans la rue et une dame m’a dit « Vous perdez de l’huile ». Et de fait, j’avais une prothèse hydraulique qui laissait des traces de mon passage. Ça m’a fait rire. Aujourd’hui, j’ai un genou électronique. Quand je sors en short, les gens font comme s’ils ne l’avaient pas remarqué. Mais aussitôt après m’avoir croisé, ils se retournent pour regarder. Alors je me retourne aussi, pour les attraper.

Thomas, Roxane, Medhi… ces personnages ont-ils tous réellement existé ?

Absolument. La saison qui vient de se terminer couvre la première des dix années que j’ai passées avec les bracelets rouges. Sa fin est bouleversante, mais c’est du vécu. A l’hôpital, nous avions un pacte. Avec mes compagnons d’infortune, on se partageait la vie de ceux qui mourraient pour ainsi accomplir les rêves qui n’ont pas pu être réalisés. Du coup, j’ai 4,7 vies en moi.

Quel message souhaitez-vous transmettre à travers votre autobiographie et ses multiples adaptations en série ?

Que ce n’est pas triste de mourir. Ce qui est triste, c’est de ne pas vivre intensément. Et qu’il faut savoir tirer profit de chaque perte. En ce qui me concerne, je n’ai pas perdu une jambe… j’ai gagné un moignon. Je n’ai pas non plus perdu un poumon, j’ai appris qu’on pouvait vivre avec la moitié de ce qu’on a.

Retrouvez l'intégralité de cette interview dans le Ciné-Télé-Revue de ce jeudi 1e mars.

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