Le décès de Johnny peu relayé aux Etats-Unis

Nos confrères américains de Variety présentent Johnny comme "l'Elvis hexagonal". © Reporters

La star du rock francophone n'était pas, ou très peu connue outre-Atlantique. Les médias américains qui l'évoquent le présentent comme l'Elvis français. Petit tour d'horizon.

Aussi fou qu'il était de la musique américaine, Johnny n'a jamais fait carrière aux Etats-Unis et n'est donc pas connu des Américains. S'il avait enregistré des chansons dans la langue de Shakespeare dans l'espoir de s'attaquer au marché anglo-saxon, il en aurait été autrement. Mais ce ne fut pas le cas, et cela lui a permis - comme nous le rappelions dans une précédente news - de couler des jours tranquilles, et dans un anonymat presque complet, à Los Angeles. Pour être franc, Edith Piaf grâce à sa "Vie en Rose", Charles Trenet, Charles Aznavour et même Jacques Brel "parlent" davantage aux compatriotes de Donald Trump que notre regretté Johnny...

A l'annonce de sa mort, seuls quelques médias US l'ont évoqué, à commencer par le site de Variety, qui lui consacre un assez long article. Il met l'accent sur le fait que Johnny fut le premier "Gaulois" à populariser le rock'n'roll en France. "Présenté comme l'Elvis hexagonal, Hallyday commença sa carrière à la fin des années 50 en sortant des versions françaises de chansons de Gene Vincent, Eddie Cochrane et Elvis Presley". Le site rappelle aussi que Johnny avait permis à Jimi Hendrix de faire sa première partie en octobre 1966 à l'Olympia de Paris.

De la même manière, le New York Times a rendu hommage à Johnny en relatant, dans le détail, sa vie privée mouvementée, ses frasques mais aussi son ébouriffant parcours musical. Le quotidien relate qu'en 1957, c'est le film "Loving You" avec Elvis Presley qui décida le jeune Jean-Philippe Smet, alors âgé de 14 ans, à prendre la guitare, relever le col de sa veste en cuir et se déhancher. Et il apprend au public américain  que ses interprétations live et endiablées de “Tutti Frutti,” ou “Blue Suede Shoes” avaient déclenché des émeutes en France !

De son côté, le Washington Post reprend les mots du président Emmanuel Macron, qui disait publiquement de Johnny, il y a quelques heures, qu'il "avait amené un peu d'Amérique dans notre panthéon national." L'illustre journal nous rafraîchit aussi la mémoire en écrivant que Johnny avait bel et bien enregistré quelques titres en anglais, ainsi “Hot Legs” et “House of the Rising Sun”, qu'il adapta en 1964 en français sous le titre "Le Penitencier". Un chef-d'oeuvre absolu.

Sur son site, la chaîne ABC a dédié six news à la mort du taulier, contre une seule chez CBS, par exemple. Ce mercredi 6 décembre, tous les médias de Californie tartinaient sur les incendies géants ravageant le nord de Los Angeles, la région de Santa Barbara et au-delà.

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