Le coach des Diables se livre

Roberto Martinez accorde rarement des interviews. Pour votre magazine, il s'est confié sans détour. Et c'est touchant !

Malgré la réussite de ses débuts en tant que sélectionneur de la Belgique (12 sur 12), Roberto Martinez n'est pas du genre à se pousser du col ou à snober son interlocuteur, qu'il accueille d'une poignée de main ferme et chaleureuse. Bienveillant, passionné et surtout passionnant à écouter, l'Espagnol affirme se sentir bien dans notre pays, qu'il commence seulement à découvrir. Pour Ciné-Télé Revue, il a accepté de lever un coin du voile sur sa personnalité, comme il ne l'avait jamais fait depuis son arrivée chez nous, l'été dernier.

Comment expliquez-vous que vous ayez été choisi pour succéder à Marc Wilmots ?
Vous posez sans doute cette question à la mauvaise personne ! J'ai travaillé dix ans comme manager dans un club, dont les sept derniers en Premier League anglaise, une compétition extrêmement exigeante. J'ai toujours aimé relever des challenges qui m'enthousiasment réellement.

On dit de vous que vous êtes addict au boulot et vos parents ont affirmé que vos priorités étaient : 1. le football, 2. le football, et seulement 3. la famille. Exact ?
Il y a probablement du vrai là-dedans. Pour moi, le foot est avant tout une passion, une manière de vivre avant d'être un boulot. Vous n'avez jamais un véritable jour de congé, vous ne coupez jamais réellement l'interrupteur. Cela doit être une manière de vivre, sinon cela devient usant.

On ne peut pas éviter le cas Nainggolan : sa mise à l'écart est-elle d'ordre disciplinaire ?
Il n'y a pas de problème avec lui. Les médias se sont étonnés que Radja ne soit pas dans le groupe alors qu'il aurait fallu se focaliser sur le fait que les joueurs présents étaient bons. Ces dernières semaines, il a l'air en forme, il a faim, marque des buts importants. Son absence n'avait rien à voir avec le fait qu'il fume ou qu'il soit sorti. Radja est un joueur expérimenté et il serait stupide de ma part de le faire changer. Je peux lui donner des conseils, mais le plus important, c'est qu'il soit performant. De manière générale, je ne peux pas tout vérifier, sans quoi il faudrait un détective privé par joueur.

Parlons un peu de vous. Il paraît que vous avez commencé à entraîner des jeunes pour échapper au service militaire. Vrai ?
On peut dire cela, oui. Mais cette envie est née plus tôt. Mon père était un manager local, on était habitués à discuter tactique tout le temps. Il m'autorisait à voir le match selon son point de vue. Parfois, j'étais sur le banc, comme une sorte de mascotte. Je pouvais assister à la théorie. Mes parents tenaient un magasin de chaussures et, parallèlement, mon papa était également professeur d'éducation physique au collège. Il avait la passion du foot : il entraînait Balaguer comme s'il était coach du Real Madrid ou de Barcelone.

Vu vos occupations, on imagine que vous n'avez pas énormément de temps pour les vôtres…
Il faut essayer de trouver le juste équilibre entre le travail et la famille. Ma femme, je lui dois d'ailleurs toujours un voyage de noces. Après notre mariage, je l'ai amenée en Afrique du Sud. Elle était heureuse, mais c'était durant le Mondial, et j'avais des obligations télévisuelles pour ESPN. Pour moi, c'était le voyage de noces parfait, pas pour elle, apparemment…

Vous avez des passions en dehors du football ?
Non, pas vraiment, si ce n'est certains éléments liés au milieu du ballon rond. J'aime jouer au tennis, mais je ne pratique quasiment plus de sport individuel.

Mais vous restez en forme. On dit de vous que vous n'avez jamais bu d'alcool…
Je me suis bien amusé en buvant de l'eau et je ne voyais pas l'intérêt de changer cela, d'ingurgiter des calories inutilement. Je me souviens de toutes les fins de soirée !

Vous n'aimez pas le cinéma, la télé, la musique ?
Je suis juste intéressé par les talents individuels, quels que soient les domaines. Chaque personne qui fait preuve d'un talent particulier m'intéresse. J'apprécie John Malkovich comme acteur, parce que quand il joue, j'y crois à fond. Je suis curieux de nature. Pour l'instant, je suis intrigué par la Belgique, sa culture, ses dirigeants.

L'intégralité de cette interview est à lire dans le Ciné-Télé-Revue N°51.

Propos recueillis par Vincent Joséphy

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