La paix impossible

 © Clarke Costelle & Cie
© Clarke Costelle & Cie

Les mouvements de joie dans les pays alliés, à l'armistice du 11 novembre 1918, ne sont qu'un écran de fumée derrière lequel se cache déjà le spectre de la Deuxième Guerre mondiale.

« La guerre était finie mais elle n'était pas finie. Seulement, nous ne le savions pas. » Cette phrase de l'écrivain Stefan Zweig explique parfaitement comment, après être à peine sorti de la guerre 14-18, le monde voit déjà resurgir la haine, la rancœur et la peur. « Grâce à des images d'époque incroyables, les auteurs de ce documentaire (Isabelle Clarke et Daniel Costelle) ont pris le parti de nous expliquer le continuum entre les deux guerres », précise Elodie de Sélys, animatrice de « Retour aux sources ». « Selon eux, on ne pouvait pas échapper à un second conflit. Septante personnes ont travaillé à cette recherche d'archives. Ensuite, ils ont mis sur ces images de la couleur et du son avec une rigueur inouïe. On entre vraiment dans la vie privée de familles… »

Cette année, nous fêtons le centenaire de l'armistice, signé le 11 novembre 1918 à 5 h 15. Concrètement, il s'agit du cessez-le-feu entre les Alliés et les Allemands et non de la fin de l'état de guerre. Celle-ci sera signée ultérieurement (le 28 juin 1919) dans le Traité de Versailles, à une date qui n'a pas été choisie par hasard : cinq ans plus tôt, jour pour jour, le prince héritier d'Autriche était assassiné à Sarajevo et cet événement était le déclencheur de la Première Guerre mondiale. Appelée « la Grande Guerre », celle-ci, qui a coûté l'équivalent de 5 milliards d'euros, a fait près de 19 millions de morts et d'invalides. En Belgique, 40 000 personnes ont perdu la vie tandis qu'en France, un quart des hommes de 20 ans ont été tués. La folie meurtrière s'est invitée à l'échelle européenne…

Le cas belge

Réfugiés à La Panne, le roi Albert Ier (appelé le Roi Chevalier) et la reine Elisabeth (surnommée la Reine Infirmière) sont acclamés par les Belges à l'issue de la guerre : nos souverains avaient refusé de quitter la Belgique, pays neutre illégalement envahi par l'Allemagne. « La reine Elisabeth s'est aussi beaucoup impliquée dans l'exfiltration d'enfants vers la Suisse », note Elodie de Sélys. Notre souverain décidera d'accorder le suffrage universel aux hommes. Les femmes, elles, devront attendre 1948.

Une Allemagne déforcée, mais…

Durant le Traité de Versailles, la délégation allemande ne disposera que de quelques instants pour signer un accord à l'issue duquel elle s'engage notamment à payer une indemnité équivalente à 500 milliards d'euros. Les Allemands doivent rapporter les armes en leur possession, leurs avions et camions sont détruits. Leur colère à l'égard de la France et de l'Angleterre s'amplifie. Les premières croix gammées apparaissent dès 1919 sur les casques des soldats allemands. « La flamme de la guerre continue à brûler en nous », confiera l'un d'eux. « Ce document montre également les premières images de Hitler filmé », indique Elodie de Sélys.

Michaël Hess

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