Jeu, set et films !

Sverrir Gudnason et Shia LaBeouf dans "Borg vs McEnroe. © Archives CTR
Sverrir Gudnason et Shia LaBeouf dans "Borg vs McEnroe. © Archives CTR

A l'occasion de la finale de Roland-Garros, notre sélection des cinq meilleurs films récents en rapport avec le tennis. De quoi donner envie de smasher.

Le sport et le cinéma font souvent bon ménage. Moins que la boxe ou le base-ball, le tennis a quelquefois lui aussi inspiré le cinéma, surtout ces dernières années. Souvent pour le meilleur, dans la description d’un sport hautement individuel, demandant d’énormes sacrifices et un mental d’acier. Que ce soir sur le terrain ou en dehors. Faut-il être un tueur pour être un champion. Woody Allen vous répondrait que oui…

1. Borg vs. McEnroe

La plus grande réussite est un film suédois de Janus Metz Pedersen sorti l’an dernier et qui s’attache à reconstituer l’un des plus grands duels de l’histoire des finales de Wimbledon. En 1980, l’affrontement entre le champion “vieillissant” (il n’a que 24 ans) et le bouillonnant nouveau venu John McEnroe, 21 ans, accouche de l’un des matchs les plus longs de l’histoire du tennis, gagné en 5 sets par Borg au bout d’une série de rebondissements à faire mourir de crise cardiaque les fans les plus détendus et un tie-break au quatrième set qui durera à lui seul plus d’un quart d’heure. Surtout, ce match phénomène entre les deux premiers mondiaux a une résonance symbolique immense. C’est l’opposition au sommet de la glace et du feu. Bork qui mène une vie d’ascèse, construit son succès en fond de court, mise sur la concentration, le vide en soi, le calme. Et en face, McEnroe le fougueux, tapageur, qui mène une vie de bâton de chaise mais peut compter sur un don de tennisman surdoué, qui monte au filet, réussit les balles les plus improbables avant de casser sa raquette de rage et de se prendre à l’arbitre. Il perdra, mais plus rien ne sera comme avant après ce match, et notamment pour Borg, qui aura atteint ce jour-là les limites de sa méthode, acquise à la froide école suédoise. Les deux champions sont campés respectivement par le Suédois Sverrir Gudnason et l’Américain… Shia LaBeouf, une tête brûlée lui aussi, qui parvient complètement à faire oublier qu’il a au moment du tournage déjà 30 ans, soit neuf ans de plus que McEnroe quand il disputa cette finale.

Les vrais McEnroe et Borg lors de la finale de Wimbledon en 1980. © Archives CTR
Les vrais McEnroe et Borg lors de la finale de Wimbledon en 1980. © Archives CTR

2. La bataille des sexes

Là aussi, un film basé sur un match historique tout ce qu’il y a de plus authentique, même si ça paraît incroyable. Il revient sur la victoire, ô combien symbolique, de Billie Jean King, la championne aux 39 Grands Chelems, le 20 septembre 1973, sur le vétéran Bobby Riggs. En 1970, elle avait refusé de participer à une compétition officielle où les joueuses étaient payées huit fois moins que leurs homologues masculins. Une injustice qu’elle allait réparer en aidant à monter un tournoi féminin, le « Virginia Slims Tour », ancêtre de la WTA (Women’s Tennis Association). Mais c’est ce match de prestige contre le misogyne Bobby Riggs, ancien vainqueur de Wimbledon, qui la fera entrer un peu plus dans l’histoire. Dans ce long-métrage délicieusement rétro très émouvant de Jonathan Dayton et Valerie Faris, l’incroyable Emma Stone se réinvente encore en Billie Jean, icône à lunettes des courts de tennis. De son côté, Steve Carell est impayable en Bobby Riggs.

Steve Carrell face à Emma Stone dans
Steve Carrell face à Emma Stone dans "La bataille des sexes". © Archives CTR


3. Match point

On quitte le récit historique pour la fiction la plus noire avec ce drame doublé d’un thriller signé Woody Allen en 2005. Le film nous raconte l’histoire d’un modeste professeur de tennis (Jonathan Rhys-Meyers), qui se fait embaucher dans un club londonien huppé. Il commence à fréquenter le milieu de la haute et séduit une riche héritière (Emily Mortimer) qu’il finit par épouser. Mais notre professeur vit en secret une véritable passion avec une jeune Américaine (Scarlett Johansson), qui lui apprend bientôt qu’elle est enceinte de ses œuvres. Que faire ? Ce personnage, digne d’un Mister Ripley des romans de Patricia Highsmith choisira la voie la plus radicale, pour l’un des plus grands succès tant critique que public de Woody Allen. Le sang-froid et le talent des plus grands champions au service du crime…

Scarlett Johansson, la proie de Jonathan Rhys-Meyers dans
Scarlett Johansson, la proie de Jonathan Rhys-Meyers dans "Match Point". © Archives CTR

4. Terre battue

L’un des meilleurs films sur le tennis est franco-belge et dû à Stéphane Demoustier. Il dirige Olivier Gourmet dans le rôle d’un entrepreneur dans la grande distribution qui fonctionne à l’adrénaline. Alors que sa situation professionnelle se dégrade, il reporte toute sa rage de vaincre sur son fils de 11 ans, Ugo, graine de champion de tennis, au point de commettre l’irréparable pour s’assurer qu’il gagne un match. Un drame sur la folie de la gagne.

Charles Mérienne dans
Charles Mérienne dans "Terre battue". © Archives CTR

5. La plus belle des victoires

Retour au tennis professionnel pour cette gentille comédie romantique mettant en scène Paul Bettany et Kirsten Dunst en 2003. Bettany joue un joueur professionnel que sa poisse a toujours empêché de briller au plus haut niveau, jusqu’au jour où, lors du tournoi de Wimbledon, il fait la connaissance de la star américaine de tennis féminin Lizzie, dont il tombe aussitôt amoureux. La chance se met alors mystérieusement à lui sourire… L’intérêt du film réside surtout dans le fait que le réalisateur, Richard Loncraine, optint l’autorisation exceptionnelle de tourner au sein même de l’enceinte du All England Lawn Tennis and Croquet Club, alors même que se déroulait l’édition 2003 du tournoi de Wimbledon. L’équipe tournait en matinée, avant le début des matchs officiels. Eddie Seagal, le gardien du complexe londonien expliquait à l’époque que “pour ne pas abîmer le gazon, il fallait installer les caméras et le matériel sur des planches afin de répartir le poids de manière homogène.” La plupart du temps, les acteurs jouaient sans balle de tennis, qui était ajoutée numériquement par la suite, pour ne pas trop perdre de temps sur le court, même s’ils avaient appris à faire semblant de jouer magnifiquement bien !

Les amoureux de la balle Kirsten Dunst et Paul Bettany dans
Les amoureux de la balle Kirsten Dunst et Paul Bettany dans "La plus belle victoire". © Archives CTR

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