Jeremstar : "Je ne suis pas toujours survolté"

Docteur Jérémy, Mister Jeremstar © Reporters

Dans sa biographie officielle, le Youtubeur aux multiples casquettes révèle l’envers du décor de la télé-réalité. Mais on y découvre d'autres choses aussi, comme le jeune homme touchant derrière le personnage fantasque. L'occasion de faire enfin connaissance avec... Jérémy Gisclon.

Cet avatar, Jeremstar, on a l'impression que vous l'aimez autant que vous le détestez...

C’est vrai qu’il me pose beaucoup de problèmes au quotidien car la frontière entre Jeremy et Jeremstar est assez floue. Le personnage prend parfois le dessus sur la personne. J’en suis un peu prisonnier. C’est compliqué, parce que j’en oublie presque quand je suis l’un et quand je suis l’autre.

On n’ira pas jusqu'à dire que vous avez un trouble dissociatif de l'identité.

Non, quand même pas. J’ai juste deux facettes : l’une exubérante, l’autre réservée. Je peux être très timide comme totalement à l'aise devant des milliers de personnes. C’est très étrange ! Je prends aussi un malin plaisir à pousser les gens à bout, mais je ne suis pas toujours survolté et ce n’est pas facile de faire comprendre ça aux gens que je croise dans la rue.

Vous avez lâché une bombe chez Thierry Ardisson, que vous détaillez dans votre livre. Vous attendiez-vous à un tel retentissement ?

Je savais bien que ça allait faire parler, mais je ne pensais pas que tous les médias allaient s'emparer de l'affaire. Jusqu'à présent, ce n'était que des rumeurs. J'ai poussé des portes, obtenu des témoignages, des récits de faits réels et précis. De véritables enquêtes sont menées et certains candidats se sentent en danger ! Je pense qu'on savait tous qu'il y avait des choses un peu louches, mais peut-être pas aussi trash.

Qu'aimeriez-vous qu'il advienne du dossier ?

J'ai balancé tout ça parce que ça me révoltait. Parce que j'ai un rôle de prescripteur, de grand frère qui prévient, et que c'était important pour moi de montrer aux jeunes qui me suivent que la télé-réalité, ce n'est pas juste des paillettes et de l'argent. Il y a aussi un côté sombre, des pièges dans lesquels il ne faut pas tomber. Je n'ai absolument pas voulu participer à une chasse aux sorcières. Je ne suis pas là pour diffamer mais pour envoyer un signal d'alerte à ceux qui voudraient – et je ne les encourage pas forcément – faire de la télé-réalité. On peut considérer ça comme de la prévention.

Vous sentez-vous en danger, aujourd'hui ?

Pas spécialement, parce que je n'ai pas non plus dévoiler quelque chose d'extrêmement problématique. Enfin, je veux dire, on le savait ! J'ai juste mis le doigt sur un sujet tabou dont on parlait beaucoup dans le milieu et qui n'avait jamais vraiment été traité en profondeur. Mais effectivement, j'ai été obligé d'engager un service de sécurité à plein temps. Parce que je suis suivi par plus d'un million de personnes, et j'ai tendance à être très accessible... alors on ne sait jamais. J'ai fait du journalisme d'investigation, ça comporte forcément des risques.

Dans ce même livre, vous dépeignez un monde immonde que vous n'avez – semble-t-il – pas encore envie de quitter. Alors pourquoi "maintenant" ?

Je commence à vieillir, un sentiment de lassitude s’est installé, et je me reconnais de moins en moins dans toute cette superficialité. Il fût un temps où je me sentais très à l’aise dans ce milieu. Mais la chirurgie plastique, les coucheries etc., on a vite fait le tour. Au bout d’un moment, trop de légèreté tue la légèreté. A présent, j’ai envie de m’élever. Je ne suis toutefois pas encore prêt à tout arrêter pour la simple et bonne raison que ça m’amuse encore. Beaucoup moins qu’avant, c’est sûr, mais je n’ai pas envie de couper le cordon de manière brutale. Et puis, pour le moment, ça reste mon business principal. Il faut bien dire les choses telles qu’elles sont. Si je fais de la télé-réalité, ce n’est plus vraiment par choix mais par obligation.

Combien de bains vous reste-t-il encore à prendre, alors ?

J’ai déjà essayé de poser des questions plus sérieuses à des personnalités hors télé-réalité. Malheureusement, ça ne faisait pas énormément de clics. Par contre, quand je fais de la "polémique", du trash, du sulfureux avec des candidats… ça fait tout de suite le million de vues. Donc il y a une réelle demande qui n’est pas négligeable. Mais je pense que d’ici quelques années, je ne ferai plus d’interviews dans ma baignoire. En tout cas je me le souhaite, parce que j’estime être capable de faire d’autres choses plus enrichissantes.

Vous écrivez aussi : "Je ne veux plus être célèbre, juste être aimé." Mais être célèbre, n'est-ce pas justement être aimé ?

Si, bien sûr. Cette célébrité comble certaines carences et je suis très heureux d'avoir un public qui me suit. Le souci, c'est que celui-ci est très jeune et s’imagine un peu que je suis leur grand copain. Mes fans, comme je l'explique dans ma biographie, peuvent parfois se montrer très intrusifs. Frank Dubosc dit dans "Camping" que lorsqu’on apparaît en slip de bain, les gens ne nous respectent plus... bon bah voilà, moi je suis quasiment à poil dans ma baignoire ! Du coup, certains n'ont pas de retenue. Attention, j'adore mes "Jeremstarlettes" ! Mais si je devais choisir entre l’amour du public, auquel j’appartiens, et l’amour de ma mère ou d’un petit copain… je prends la deuxième option.

Pour tout savoir du dossier "Télé-réalité et prostitution", rendez-vous dans votre Ciné-Télé-Revue. En vente dès ce jeudi 12 octobre.

"Jeremstar par Jérémy Gisclon, ma biographie officielle" (Ed. Hugo Doc), 240 pages, 14,50€.

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