Jean Rochefort au paradis

Jean Rochefort est décédé dans la nuit de dimanche à lundi. © Reporters

Le comédien est décédé dans la nuit du 8 au 9 octobre à l'âge de 87 ans. Figure de proue du cinéma français des années 1970, il avait su traverser les décennies sans jamais perdre sa popularité.

En mai, c'était Victor Lanoux. Cette nuit de dimanche à lundi, c'est Jean Rochefort qui l'a rejoint au paradis. Hospitalisé depuis août "pour des douleurs abdominales", l'acteur est décédé à l'âge de 87 ans, a annoncé sa famille. « Claude Rich avait la gourmandise de son art », avait déclaré l'acteur le 21 juillet dernier sur Europe 1, après l'annonce du décès de son confrère. Se doutait-il qu'il le rejoindrait bientôt ? Sans doute. Il y a peu, il déclarait sur France 5, à propos de la mort : « Je la sens venir. Et il y a des moments où je suis content qu'elle arrive. Le corps le demande, et la tête parfois aussi. Mais on n'a pas envie de faire du chagrin aux autres. »

Aujourd'hui, le chagrin est immense. Jean Rochefort fait partie des acteurs les plus populaires de l'histoire de cinéma français, figure éminente et populaire de cette génération dorée qui vit se côtoyer Jean-Paul Belmondo, Jean-Claude Brialy, Bruno Crémer, Claude Brasseur, Jean-Pierre Marielle et tant d'autres, avec premier d'entre tous, Philippe Noiret – qu'il initiera à l'une des ses passions, l'équitation. Aujourd'hui, quelques semaines à peine après la disparition de Mireille Darc, avec qui il jouait dans "Le grand blond avec une chaussure noire" et "Le retour du grand blond", le cinéma français a le coeur gros.

Plus qu'un acteur, un pote...

Avec sa silhouette et son phrasés aristocratiques qu'il adorait mettre en pièces en mimant un singe ou en se lançant dans des gags de son invention, Jean Rochefort était plus qu'un acteur, c'était un pote, un frère puis un grand-père farfelu pour plusieurs générations de spectateurs. En plus de 120 films au cinéma, Jean Rochefort a aligné des classiques indéboulonnables, dans tous les genres. Depuis les seconds rôles dans les "Angélique", "Les tribulation d'un Chinois en Chine", jusqu'à ses éclatantes années 70, où il triomphe dans "Les vécés étaient fermés de l'intérieur", l'iconoclaste comédie de Patrice Leconte, avec Coluche, "Un éléphant ça trompe énormément" et sa suite "Nous irons tous au paradis", d'Yves Robert. En 1975, "Que la fête commence", de Bertrand Tavernier lui vaut de remporter, à 46 ans, le tout premier César du meilleur acteur dans un second rôle. Il récidive dès 1978 avec "Le crabe-tambour", cette fois avec le César du meilleur acteur (il en aura encore un, d'honneur, en 1999). Traversant en seigneur les années 1980 et 1990 ("Le moustachu", "Tandem", "Le mari de la coiffeuse"...), il connaît sa plus grande désillusion en 2000 avec le tournage avorté de "L'homme qui a tué Don Quichotte". Paralysé par une sciatique, l'acteur doit renoncer à monter à cheval, un crève-cœur. En 2013, Jean Rochefort avait annoncé sa retraite, qu'il rompra pour le drame "Floride", de Philippe le Guay. Mais sa voix inimitable continuait de résonner dans des documentaires et des films, comme le film d'animation "Avril et le monde truqué". Toujours proche de la jeunesse, il avait aussi participé en 2015 aux vidéos du collectif des Boloss des Belles Lettres, où il revisitait des classiques en langage "jeune".

Jean Rochefort était le père de Marie, Julien et Guillaume, qu'il avait eux avec sa première épouse, Alexandra Moscwa. Il en avait divorcé pour vivre durant sept ans avec l'actrice et réalisatrice Nicole Garcia, avec qui il a eu e, 1981 un fils, Pierre, également acteur. Remarié à l'architecte Françoise Vidal, il a encore deux enfants, Louise en 1990 et Clémence en 1992.

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