Jamel Debbouze : "Je ne veux plus perdre de temps"

Jamel Debbouze revient pour un nouveau spectacle "Maintenant ou Jamel" © Reporters
Jamel Debbouze revient pour un nouveau spectacle "Maintenant ou Jamel" © Reporters

Le petit prince de l'humour est de retour ! Dans "Maintenant ou Jamel", il nous raconte sa vie… avec toujours autant d'énergie.

Ça fait quoi de remonter sur scène après six ans d'absence ?

Je suis super-content, j'ai l'impression d'avoir deux ans. Je me rend compte que rien n'a changé dans mon envie, ni dans celle du public qui est au rendez-vous. J'ai une chance exceptionnelle, j'en suis conscient.

Une heure trente suffisent pour revenir sur six années de vie ?

Non, c'est très frustrant. Une fois qu'on est lancé, on a envie de raconter beaucoup plus. Malgré tout, il y a une espèce de communion. Ça ne fait pas une heure trente, ça fait vingt ans. Vingt ans que je raconte mon histoire. Les mêmes personnages reviennent, on voit leur évolution à travers mon évolution et ça résonne souvent chez les autre. Mon plus grand kiffe, c'est qu'on a le sentiment de voir arriver un cousin qui, pendant un repas, nous raconte ce qu'il lui est arrivé ces six dernières années. J'espère faire partie de la famille, d'une certaine manière.

"J'espère faire partie de la famille"

Y a-t-il éventuellement un message que vous souhaiteriez faire passer à travers votre spectacle ?

Je n’ai jamais été porteur de message. On m’a souvent désigné comme porte-parole, parce que je viens de là où je viens et que je suis qui je suis. Mais je ne suis qu’un simple citoyen du monde. Je ne suis pas « catalogable », j’ai l’impression. Il suffit de regarder ma filmographie : j’ai coursé des nazis en Allemagne et un marsupilami en Palombie, allez faire le lien ! (Rires.) Par contre, constater et mettre le doigt sur certaines choses, elle est là notre responsabilité en tant qu’artiste.

Vous cultivez bien votre jardin secret mais, paradoxalement, votre vie de famille est l'une de vos principales sources d'inspiration. Comment décide-t-on que tel moment sera intégré à un sketch, et tel autre moment restera privé ?

Je ne me suis jamais posé la question dans ces termes-là. Je n’ai jamais fait l'inventaire de ma vie. Je joue en fonction des choses qui m’ont bousculées et qui m’ont fait le plus de bien ou de mal. C’est la seule chose qui me guide. Ce qui m’importe, c’est que les mots aient une résonance dans ma bouche. Il me paraissait indispensable d’aborder le choc des cultures, par exemple. C’est universel, et à la fois très personnel. Quand j’ai rencontré ma belle-famille et que je l’ai présentée à la mienne, il s’est passé un truc. À travers ça, j’ai pris conscience de la société dans laquelle on évoluait.

Consultez-vous votre entourage avant l'écriture même d'un sketch ?

Je vis avec eux, ils me renvoient des choses et c'est de ça dont je m'inspire ou non, mais jamais je leur demande leur avis. Ils n'avaient qu’à pas être de ma famille ! (Rires.) Est-ce que je concerte Emmanuel Macron ou Donald Trump ? Non. Je ne concerte donc pas ma mère, ni ma femme, et encore moins mon fils. Et puis, le premier à qui je ne fais pas de cadeau, c'est moi. Mais si à travers nous, j’arrive à élever les consciences… alors j’ai tout gagné. Je ne compte plus le le nombre de personnes qui sont venues me voir pour me remercier d’avoir fait un spectacle sur le couple mixte. D’autres m’ont dit que je leur avait donné envie d’arrêter de voter Lepen. Ça m’est arrivé quatre fois. Ça fait quatre personnes que j’ai sauvées du marasme. Là, je me sens profondément utile.

Sur l'affiche de votre spectacle, on vous voit suspendu à une horloge. Pourquoi?

Le temps passe, et j’ai de moins en moins envie de le négocier. Je ne veux plus perdre de temps à faire qui ne m’amusent pas. Je sais à quel point la vie est précieuse. Pour avoir failli la perdre, je peux vous dire que toutes les minutes comptent. C’est pourquoi il faut savourer chaque instant. C’est un conseil de grand-mère, je vous l’accorde, et les conseils ne sont pas fait pour être écoutés… mais si j’ai un conseil à vous donner : écoutez-les !

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Jamel Debbouze dans votre Ciné-Télé-Revue, en vente ce jeudi 22 mars.

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« Maintenant ou Jamel », le 29 mars à Forest National, le 30 au Forum de Liège et le 31 au Palais des Beaux-Arts de Charleroi. Infos et réservation : www.smileandsong.be et www.odlive.be

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