Interview : Terry Gilliam sort enfin son "Don Quichote"

Terry Gilliam aux côtés de Jonathan Pryce sur le tournage de "L'homme qui tua Don Quichote". © Diego Lopez Calvin
Terry Gilliam aux côtés de Jonathan Pryce sur le tournage de "L'homme qui tua Don Quichote". © Diego Lopez Calvin

Voilà 30 ans que le réalisateur de "Brazil" rêvait de réaliser "L’homme qui tua Don Quichote". Il y est enfin parvenu !

Après plusieurs versions avortées (dont une avec Jean Rochefort, Johnny Depp et Vanessa Paradis qui a capoté après quelques jours de tournage seulement en 2000), Terry Gilliam, 77 ans, a enfin réalisé le film de sa vie. Celui-ci sort sur nos écrans ce mercredi, avec Adam Driver (le méchant des nouveaux "Star Wars") dans le rôle d’un cinéaste désabusé qui part sur les traces d’un film de jeunesse qu’il avait réalisé sur Don Quichotte et découvre que son interprète (campé par Jonathan Pryce) se prend réellement pour le héros de Cervantes. Rencontre avec un cinéaste obstiné !

Comment vous sentez-vous après avoir affronté autant d’obstacles ?

Je suis heureux que ce soit fini. J’ai pu montrer mon film. Après, à titre personnel, je ne veux plus le regarder. Ça a pris tellement de temps pour y arriver, j’ai été tellement inquiet et nerveux… C’est un parcours de vingt-neuf ans. Mais je suis content que suffisamment de personnes l’aient apprécié. Finalement, ça valait bien toutes les emmerdes que j’ai dû endurer.

Pourquoi étiez-vous à ce point obsédé par cette histoire ?

Je pense que c’est plutôt ce film qui était obsédé par moi. (Rires.) J’étais contrôlé par une force à laquelle je ne pouvais pas résister. Et puis, il y a eu tant de gens qui m’ont dit d’abandonner… J’ai voulu leur prouver qu’ils avaient tort.

Vous avez pensé à un moment que ce film était maudit ?

Non, sinon j’aurais laissé tomber depuis longtemps. Mais tout a été compliqué en permanence. A commencer par le financement. C’était devenu un projet tellement ancien que pour les producteurs, c’était comme un poisson qui traîne et sent mauvais. Je n’arrivais pas à obtenir le budget. Je bossais deux ans dessus et puis, ça tombait à l’eau.

Le film est dédié à la mémoire de Jean Rochefort. Pourtant, après avoir quitté le tournage en 2000, il vous avait accusé d’avoir affamé le cheval avec lequel il devait tourner pour qu’il apparaisse rachitique, au point qu’il serait mort quelques jours après son départ…

Tout ça, ce sont des conneries. C’était un vieux cheval assez maigre, mais on ne l’a jamais affamé. Son propriétaire tenait à lui, car il gagnait sa vie avec. Il n’est pas mort juste après le départ de Jean, mais des mois plus tard. C’est horrible qu’on ait dit ça sur moi. Finalement, pour ce tournage-ci, on a pris trois chevaux différents. J’ai revu Jean un an avant sa mort et il ne m’a jamais reparlé de ça.

Le cinéaste en 2000 avec son premier interprète, Jean Rochefort. Un tournage annulé après quelques jours suite à une succession de catastrophes, dont une hernie discale de l'acteur. © haut et Court
Le cinéaste en 2000 avec son premier interprète, Jean Rochefort. Un tournage annulé après quelques jours suite à une succession de catastrophes, dont une hernie discale de l'acteur. © haut et Court

Retrouvez l’intégralité de l’interview dans le Ciné-Télé-Revue actuellement en librairie.

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