"Howards End" en série : un délicieux voyage en arrière

A une époque où la plupart des séries se veulent noires, la fraîcheur d"Howards End" ne se refuse pas. / D.R.
A une époque où la plupart des séries se veulent noires, la fraîcheur d"Howards End" ne se refuse pas. / D.R.

Après le livre et le film, c’est au tour de la télé de nous livrer l’histoire des sœurs Schleger dans l’Angleterre du début du 20e siècle. Subtil et plein d’un charme désuet, le résultat change vraiment de tout ce qu’on voit maintenant sur le petit écran !

Après une première diffusion en novembre sur la BBC, la mini-série "Howards End" ("Retour à Howards End") a démarré ce dimanche 8 avril  à 20h sur la chaîne américaine Starz. Il s’agit, bien entendu, de la version télé du roman de l’illustre Britannique E. M. Forster (décédé en 1970 à 91 ans), également auteur d’"A Room With A View" et "A Passage to India". Paru en 1910 et figurant parmi les cent meilleurs livres de fiction du 20e siècle,  son petit chef-d’œuvre avait été adapté pour le grand écran en 1992 par James Ivory, avec Helena Bonham Carter et Emma Thompson (oscarisée pour ça) dans les rôles des sœurs Helen et Margaret. Sa première version cathodique, en quatre épisodes, a, lui, été scénarisée par Kenneth Lonergan, à qui l’on doit le magistral et tragique "Manchester By The Sea", oscarisé à deux reprises.

L’histoire d’"Howards End" gravite autour de trois familles dans l’Angleterre édouardienne (1901-1910).  Les capitalistes et conservateurs Wilcox ont fait fortune grâce aux colonies et habitent la somptueuse propriété de "Howards End", où ils accueillent brièvement Helen Schlegel (Philippa Coulthard). Quelques heures durant, celle-ci s’éprend du jeune fils de Paul, lequel doit partir pour l’Afrique et met un terme à ce début de romance. Helen rentre à Londres, dans la maison de Wickham Place qu’elle partage avec sa sœur Margaret (Hayley "Agent Carter" Atwell), son frère Tibby (Alex "The End of The F*** World" Lawther) et sa tante Juley (Tracey Ullman).

Quelques mois plus tard, Margaret découvre que le couple Wilcox, Ruth (Julia Ormond) et Henry (Matthew Macfadyen alias Mr Darcy dans "Orgueil et Préjugés") ont loué un chic appartement en face de leur habitation…

A une époque où la majorité des séries se veulent noires, super-bizarres et violentes, la fraîcheur de cette production au charme (un peu) suranné ne se refuse vraiment pas. Ce qu’on aime d’abord ici, c’est la subtilité avec laquelle chaque scène a été tournée, mais aussi les décors, enchanteurs, et ce joli langage d’autrefois qui ne reviendra pas. Quant aux actrices, elles sont toutes parfaites ! Enfin, la teneur sociale de l’œuvre de Forster est complètement restituée. On sent nettement la différence entre les Wilcox, sportifs et politiques, et les Schleger, intellectuels, culturels et modernes, deux clans auxquels on va bientôt voir s’ajouter le couple Bast, qui tire le diable par la queue. Vivement dimanche prochain !

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