Nous avons vu "Homecoming" avec Julia Roberts

Dans "Homecoming", Heidi (Julia Roberts) a la mémoire qui flanche, car si elle se souvenait, ce serait sans doute insupportable ! /D.R.
Dans "Homecoming", Heidi (Julia Roberts) a la mémoire qui flanche, car si elle se souvenait, ce serait sans doute insupportable ! /D.R.

La star de 51 ans arrive sur Amazon Video dans une série intrigante qui demande juste un peu de patience. Mais avec Julia, tout le monde tient!

C’est en 1988 que Julia Roberts, qui a fêté ses 51 printemps ce 28 octobre, décrochait son premier rôle au cinéma, dans "Satisfaction" avec Liam Neeson et Justine Bateman. A partir de là, elle n’a pas arrêté de tourner pour le grand écran, attaquant, avant "Pretty Woman", par "Mystic Pizza" et "Steel Magnolias" (1989), où elle jouait une jeune veuve diabétique. Elle fut nommée à l’Oscar pour ce rôle, qui lui permit de décrocher un Golden Globe. Auparavant, elle tâta du petit écran, dans la première saison de "Crime Story", où elle incarnait une adolescente victime d’un viol, puis dans le dernier épisode de la saison 4 de "Deux flics à Miami". Au cours de sa carrière, elle apparut aussi dans "Friends", "Murphy Brown" et "New York Police Judiciaire", en 1999, aux côtés de Benjamin Bratt, son boyfriend de l’époque. Plus proche de nous, en 2014, elle interpréta Emma, une femme médecin, dans la mini-série "The Normal Heart" de Ryan Murphy, sur la lutte contre le Sida au début de l'épidémie.

Ce vendredi 2 novembre, Amazon Video a lancé une nouvelle série dont elle est la star : "Homecoming". Cette fiction porte l'étiquette de "thriller psychologique" et on la doit au réalisateur Sam Esmail, le créateur de "Mr Robot", qui l’a développée sur base des podcasts d'Eli Horowitz et Micah Bloomberg. Ceux-ci sont les auteurs et producteurs exécutifs des dix épisodes de sa première saison, de 30 minutes chacun. Une deuxième saison est déjà en pré-production.

De quoi ça parle

En 2022, Heidi Bergman (Julia Roberts), est serveuse dans un bar de sa ville natale et vit avec sa mère Ellen (Sissy Spacek). Un jour, elle voit débarquer sur son lieu de travail un enquêteur du Ministère de la Défense Nationale, Thomas Carasco, joué par Shea Whigham ("Boardwalk Empire"). Il veut l’interroger sur Homecoming, un centre situé à Tampa (Floride) où on prépare les soldats à réintégrer la vie civile. Elle y a travaillé comme assistante sociale et l’a quitté quatre ans plus tôt, pour une raison encore obscure. Elle pense que c'est la santé vacillante de sa mère qui lui a fait prendre cette décision. Face à Carasco, elle se montre agitée, nerveuse, elle ment et prétend qu'elle ne se souvient pas précisément de son temps à Homecoming, où elle était bien différente, posée, compétente et bienveillante. Elle y a notamment aidé, au cours de nombreuses sessions d'évaluation, le jeune Walter Cruz (Stephan James), qui était proche d’un certain Joseph Shrier (Jeremy Allen White de "Shameless"), un rebelle qui pensait que Homecoming n'était pas l'endroit qu'on leur avait "vendu". Le directeur du lieu, le surexcité Colin Belfast (Bobby Cannavale), poussait Heidi à lui communiquer un maxiumum d’infos sur les sessions qu’elle avait avec les soldats. Pour l’anecdote, on doit ajouter que Dermot Mulroney, qui fut le tendre complice de Julia dans "Le Mariage de Mon Meilleur Ami" (1997) campe ici son ex, Anthony. Et dans le casting, il y a aussi Marianne Jean-Baptiste, qui est la mère de Walter, et Sydney, la fille de Sidney Poitier, qui joue la femme de Colin.

@Wenn
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Notre avis

La première chose à signaler sur cette série, c’est qu’elle a vraiment été conçue pour qu’on en dévore d’un coup les dix épisodes, lesquels mis bout à bout constituent un film ! Nous avons vu ses trois premiers, et ce qui est sûr, c’est que Sam Esmail y installe les choses à son rythme, en d’autres termes, pas très vite. Et avec de nombreuses scènes longues, "bavardes" et complètement dénuées d’action. Il demande un peu de patience au spectateur, lequel finit quand même par comprendre que, oui, Heidi, a bien eu un black out en quittant Homecoming, et que son départ est lié à Walter Cruz, qu’elle a sans doute trop protégé. Nous n’en révélerons pas plus.

Mais si vous tenez jusqu’au troisième épisode, ça signifie que vous êtes intrigué et irez au bout de cette saison. Plusieurs éléments aident amplement, à commencer par une Julia Roberts sobre et juste, qui ne craint pas, par moments, d’être filmée au naturel et sous son mauvais profil. Et voilà une qui bonifie encore et a senti que ce rôle lui permettrait de le montrer. Gagné ! Par ailleurs, on aime passer de l’année 2018 où Heidi était à Homecoming, en sessions avec Walter dans son bureau moderne et aseptisé, au téléphone avec son hystérique patron, à l’année 2022, où un enquêteur fait des fouilles très poussées, et où Heidi, beaucoup plus terne, recontacte son petit ami Anthony, qu’elle avait plaqué quatre ans plus tôt, pour essayer de comprendre ce qui a pu se passer dans sa vie… à elle. A l'écran, les deux époques ont des formats d'image différents. Vous verrez. A nouveau, on se félicite que des services de vidéo à la demande comme Amazon Prime existent désormais. Car ils peuvent proposer des fictions non-formatées qui ne cherchent pas à être efficaces dans l’immédiateté. "Homecoming" s’ajoute à la liste, même si tout le monde n’y trouvera pas son compte. Mais rien que pour sa construction sans précipitation, ses ambiances, ses scènes bien écrites, ses images et ses acteurs impeccables (Julia en tête, évidemment), un arrêt s’impose.

 

 

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