« François De Brigode est irremplaçable ! »

 © Jean-Michel Byl/RTBF
© Jean-Michel Byl/RTBF

Depuis bientôt un an, Laurent Mathieu, le journaliste de 32 ans vous informe le week-end à 19 h 30 sur la RTBF. Un pari risqué mais mesuré pour le benjamin de l’info.

Vous avez repris le siège laissé vacant d’Anne Goderniaux en octobre 2016. Comment s’est passé le passage de flambeau ?

J’étais en vacances quand j’ai reçu un coup de téléphone de mon rédacteur en chef au sujet d’un casting pour le remplacement d’Anne. La chaîne recherchait un visage masculin. J’avoue que sur le moment je n’étais pas spécialement chaud à l’idée de me retrouver au J.T. J’ai finalement passé ce test car c’était tout de même une expérience intéressante. Trois semaines après ce casting, j’ai été contacté par Jean-Paul Philippot (administrateur général de la RTBF), qui souhaitait me voir. Un court instant, j’ai cru que c’était une blague. Après l’avoir rencontré, j’ai accepté la proposition.

Depuis 2009, vous travaillez à la RTBF, mais vous avez surtout fait vos armes sur une chaîne régionale…

Exact. Sur Canal C, à Namur. Je suis content de cette expérience car c’est là que j’ai appris à réaliser un reportage de terrain avec un caméraman et à le monter une fois de retour à la rédaction, ce qu’on ne fait pas forcément à la RTBF. J’en garde un excellent souvenir.

Vous vous voyez un jour remplacer François De Brigode ?

Non, on ne peut pas remplacer François. Celui ou celle qui lui succédera un jour aura une tâche extrêmement compliquée. Honnêtement, ce n’est pas mon ambition. D’autres visages ont beaucoup plus d’expérience et feraient ça mieux que moi. S’il y a bien une chose que je ne souhaite pas abandonner, c’est le reportage de terrain, comme je le pratique actuellement pour « Questions à la Une ». Même si j’adore la présentation et l’élaboration d’un J.T., je reste attaché au terrain. Cela fait partie de mon ADN. C’est là où je me sens le plus à l’aise.

Vous avez un point commun avec De Brigode : vous êtes carolo…

Nous avons même habité à deux rues de distance, mais pas au même moment. On s’entend très bien parce que nous avons des passions communes, que ce soit Charleroi ou le rock’n’roll. Nous avons des goûts de vieux rockers.

Enfant, suiviez-vous les infos ?

Oui. Et j’avais déjà un penchant pour ceux de la RTBF. Les visages qui m’ont marqué sont ceux de Jacques Bredael, Fabienne Vande Meerssche et… François De Brigode. Il était déjà là quand j’avais 11 ans ! (Rires.) Du côté des Français, je me souviens de Patrick Poivre d’Arvor et de David Pujadas.

Quel regard jetez-vous sur le journal de la concurrence ?

Quand je travaille, je visionne toujours les titres du « RTL Info 19 Heures », puis je passe aux chaînes françaises le soir. Je suis plutôt France 2 que TF 1. Quoi qu’il arrive, j’essaie de voir qui a fait quoi et comment l’info a été déclinée chez les concurrents. A la rédaction, on regarde après coup le J.T. de RTL et de manière plutôt bienveillante. Il m’arrive très souvent de dire à mes collègues qu’ils ont eu une bonne idée d’avoir diffusé tel ou tel reportage, qu’on aurait dû y penser.

Quand on présente le J.T., on devient un visage public. Comment le vivez-vous ?

A ce niveau-là, j’ai beaucoup de chance car je suis quelqu’un qu’on ne reconnaît pas facilement dans la rue. Je ne ressemble pas à celui qu’on voit à l’antenne en costume-cravate. Généralement, je suis en t-shirt et baskets. Lorsque j’ai accepté ce poste, sachant que j’allais être exposé, je me suis construit une carapace face aux critiques. Je sais qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Depuis le début, j’ai choisi les gens dont l’avis compte : ma famille et quelques collègues.

Que pensez-vous de l’éviction de David Pujadas ?

Je me souviens toujours d’une discussion avec François De Brigode. Quand je suis arrivé au « 19 h 30 », il m’a dit ceci : « Tu verras, c’est un super-boulot, mais tu t’assois sur un siège éjectable. Tu dois le savoir et ne pas trop t’accrocher à ce poste. » Ce qui s’est passé avec David Pujadas illustre bien ça. Tout peut se terminer en un claquement de doigts.

« Le 19 h 30 », samedi 26 août, 19 h 30 – la Une

Amoureux d’une journaliste RTBF

Même s’il préfère rester discret sur sa vie privée, Laurent Mathieu nous a confié être en couple avec une collègue journaliste de la maison, Alisson Delpierre, reporter pour le J.T. et « Questions à la Une ». « On s’est rencontrés au bureau », nous explique-t-il. « A l’extérieur, on partage un monde infini de choses. » Travailler avec sa moitié a aussi des avantages. « On se complète. C’est une aide précieuse d’avoir quelqu’un qui partage votre quotidien et qui connaît les mêmes choses, qui peut vous conseiller par moments. »

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