Dany Brillant  : "Mes chansons sont là pour redonner le goût de vivre"

Avec son nouvel album, Dany Brillant veut réconcilier le rock et le swing. © Reporters / Zuma
Avec son nouvel album, Dany Brillant veut réconcilier le rock et le swing. © Reporters / Zuma

Après trois ans d’absence, où il a connu des pépins de santé désormais passés, le chanteur revient avec un album réconciliant deux genres musicaux souvent opposés : le rock et le jazz.

Comment est née cette idée d’un album mêlant rock et swing ?

J’aime le swing, j’ai commencé avec ça dès "Suzette". Mais j’ai toujours été triste qu’il y ait ce schisme entre les crooners et les rockers. Sinatra détestait le rock’n’roll, qu’il considérait comme une musique brutale, vulgaire, et Elvis n’a jamais chanté de jazz. C’étaient les deux plus grandes voix américaines et en même temps les deux plus grands rivaux. Pourtant, ces deux musiques ont la même source, le swing de la Nouvelle-Orléans. Je me suis dit qu’il était temps de les réconcilier. D’autant que, personnellement, je trouve que Sinatra est un vrai rebelle et Elvis un vrai crooner. Presley a pris le swing, mais il y a rajouté le gospel, le blues. Alors qu’on était dans l’Amérique ségrégationniste des années 50, il a amené la culture noire dans les médias blancs.

Vous-même, vous avez une image plus swing que rock…

C’est clair. Je suis surtout un chanteur de swing. J’ai été élevé avec Django Reinhardt, Yves Montand, Benny Goodman. Ma musique est à base de cuivres. Et les cuivres, c’est le jazz. Avec cet album, c’est la première fois que j’utilise des guitares électriques ! Mais, pour autant, je ne me considère pas comme un rocker du tout. Ce que j’ai fait, c’est prendre mes chansons swing en y ajoutant une petite pointe de rock’n’roll. Une sorte de paix, de réconciliation en douceur. Je fais même un medley des plus grands tubes du rock avec un orchestre de jazz pour montrer que ce mariage fonctionne.

Où avez-vous puisé l’inspiration pour écrire vos chansons ?

Dans la période qu’on traverse. J’ai écrit l’album entre 2015 et 2016, une des pires périodes qu’on a vécue, avec les attentats, ce climat anxiogène. J’ai souhaité absolument écrire des chansons qui dégagent de la joie de vivre, de l’optimisme. Après l’attentat du Bataclan, qui avait été ma première scène, j’étais déprimé, anxieux. Tous ces gens qui sont morts pour rien, je trouvais ça absurde. J’ai mis longtemps à m’en remettre. Mais je me suis dit que ces assassins ne nous auraient pas, qu’il fallait redonner aux gens le goût de vivre. Il est interdit de désespérer. Et c’est comme ça que sont nés les titres des chansons : "C’est l’amour qui rend heureux", "La vie est belle", etc. Et quelle est la musique qui redonne la joie de vivre ? C’est le swing ! C’est la danse de la joie. Et ça revient à la mode. Les jeunes se remettent à danser le swing, ça s’appelle le Lindy Hop.

Vous êtes avant tout un nostalgique ?

Pas spécialement. Mais j’estime qu’il y a des choses qu’il faut transmettre, qu’il ne faut pas oublier. Depuis mes débuts, je m’évertue à remettre au goût du jour ce qu’on n’entend plus, même si c’est devenu plus difficile aujourd’hui. Tout est formaté en radio désormais. Mais je n’en ai rien à faire. Je continue, car je suis sûr que cette musique fait du bien aux gens.

Votre compagne, Nathalie, est Liégeoise. Que vous a-t-elle apporté de belge ?

Elle m’a donné deux très beaux enfants. J’aime bien les Belges car vous avez encore des valeurs. En France, surtout à Paris, les gens sont très agressifs, individualistes. J’essaye d’avoir la gentillesse, la bonté qu’on trouve chez vous. J’ai l’impression que les Belges, ce sont des Français qui n’ont pas été corrompus par l’individualisme.

Dany Brillant sera en concert le 22 mars au Forum de Liège et le 23 mars au PBA de Charleroi. Plus d'infos sur ticketmaster.be.

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