Dany Boon : "J’ai beaucoup ramé à mes débuts"

Après 5 ans d'absence, Dany Boon est impatient de remonter sur les planches ! Reporters / Abaca

L’humoriste revient avec son one man show fêtant ses 25 ans de scène. Un spectacle qu’il avait déjà rodé chez nous l’an dernier.

Cela fait cinq ans que vous n’étiez plus monté sur scène. Heureux de revenir sur les planches ?

Je suis ravi. C’est formidable de retrouver le contact avec le public et de faire rire en direct. C’est vraiment génial. J’avais un manque de la scène. Un manque du contact direct avec les spectateurs, de cette sensation d’échange. Vous pouvez imaginer que mon désir de revenir était très fort !

On suppose que malgré vos 25 années de carrière, le trac a dû être bien présent le soir de la première à Bruxelles, l’an passé ?

Oui, terriblement. J’étais angoissé comme à mes débuts. Mais avant, c’était quand même plus compliqué. Aujourd’hui, j’y vais. Je me libère. Monter sur scène, c’est se mettre en péril, mais c’est tellement jubilatoire quand on entend les rires du public !

Vous étiez rassuré de voir la salle pliée en deux ?

C’était magique. Je n’ai jamais proposé autant de sketchs dans un spectacle. Donc, l’angoisse était double. En plus, je voulais vraiment remonter sur scène en Belgique. Et quand j’ai entendu les réactions dans la salle, c’était ma récompense, c’était fabuleux.

Justement, pourquoi aviez-vous choisi Bruxelles pour roder votre one man show ?

Parce que j’ai démarré chez vous, à l'école Saint-Luc de Tournai. J’y faisais les journées portes ouvertes. A l’époque, je jouais aussi dans les galeries marchandes, à Courtrai, Mons… Je faisais du mime, le clown avec une guitare. J’ai habité plusieurs années en Belgique. Et puis, se produire au Vaudeville, comme Raymond Devos, c’était merveilleux.

Un quart de siècle de métier, c’est énorme. Et pourtant, à vos débuts, vous avez galéré ! Jamais pris dans les castings, interdit bancaire…

Oui, j’ai beaucoup ramé au début. Ç’a été très dur. Mais je ne suis pas le seul, c’est le cas de beaucoup d’artistes.

Selon vous, il est plus difficile de se lancer aujourd’hui ?

Non, je ne pense pas. Il est certain qu’il y a plus de gens qu’avant qui veulent exercer ce métier, car avec Internet, il y a plus de facilités pour se faire connaître. A mes débuts, on essayait de trouver des endroits où jouer ses sketchs. C’était ça, la difficulté.

Qu’est-ce qui vous a donné la force de continuer ?

Une forme d’inconscience. Les amis aussi. Les gens autour de vous qui vous disent de ne pas abandonner. Et puis, je lisais mes textes à des personnes que je rencontrais et elles se marraient. C’est ça qui vous fait tenir.

En débarquant à Paris, vous découvrez l’effervescence de la capitale…

L’agressivité et la dureté des gens aussi. J’arrivais du Nord et de Belgique. J’habitais près de Comines, où il y a une proximité avec les autres qui n’existe pas à Paris. Ça, ce fut très, très dur pour moi au début. Je me demandais si j’allais réussir à supporter ça.

Aujourd’hui, vous êtes humoriste, acteur et réalisateur. La route vers le succès vous a semblé longue ?

Non, car la vie file à une vitesse incroyable. Je me vois encore à mes débuts me produire dans des endroits modestes. J’ai encore ces sensations-là, ces images et souvenirs qui sont très frais dans ma mémoire.

Votre notoriété vous a obligé à vivre aux Etats-Unis. Avez-vous encore le temps de vous rapprocher de vos racines ?

Oui, car je suis souvent en Europe. Je voyage beaucoup grâce à mes films. Et puis, on se sent d’autant plus attaché à ses racines quand on s’en éloigne. Lorsque je suis à Los Angeles, je vis des périodes de calme qui sont importantes pour des intervalles d’écriture.

Si Dany Boon devait rencontrer le petit garçon que vous étiez, quel conseil lui donneriez-vous ?

Vas-y ! N’aie pas peur. Fonce. Ne change rien. Je t’attends !

Marc Ducharlier

« Dany de Boon des Hauts-de-France », le 7 décembre au Spiroudôme de Charleroi, le 8 décembre à Forest National, le 9 décembre au Wex de Marche-en-Famenne. Rés. : ticketmaster.be et teleticketservice.be.

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