Christine Angot, fille de Virginie Efira

 © Reporters Christine Angot, un drame intime transformé en littérature.
© Reporters Christine Angot, un drame intime transformé en littérature.

En salle ce 7 novembre, le drame biographique « Un amour impossible » offre un grand rôle à Virginie Efira, en mère de la future chroniqueuse de Laurent Ruquier, victime d’inceste.

Pour de nombreuses personnes qui ne l’ont jamais lue, Christine Angot est avant tout la chroniqueuse qui le samedi en fin de soirée sur France 2 ânonne des remarques alambiquées sur le plateau d’"On n’est pas couché". Et l'’auteure de 59 ans semble si mal à l’aise dans cet exercice hebdomadaire aux antipodes de sa vie de romancière qu’on peut se demander à quel point il ne dessert son œuvre.
Quelle œuvre, au fait ? Loin de se réduire à ce rôle d’épouvantail du PAF que lui a attribué Laurent Ruquier, Christine Angot est une auteure dont les livres à caractère autobiographique tracent un sillon profond et dérangeant dans le monde littéraire francophone contemporain.
Au coeur de ses interrogations et de sa colère, l’inceste que lui a fait subir durant des années son père. C’était le sujet de "L’inceste", l’autofiction qui l’a révélée en 1999. C’est encore le sujet au centre du film "Un amour impossible", que la réalisatrice Catherine Corsini a adapté de son récit éponyme. Cette fois, l’écrivaine s’interrogeait surtout sur l’aveuglement maternel, essayant de comprendre ce qui avait pu le rendre possible.

© Le Pacte Virginie Efira et Niels Schneider parents dans
© Le Pacte Virginie Efira et Niels Schneider parents dans "Un amour impossible".

Pour Virginie Efira, qui n’hésite pas à tout enlever, c’est de nouveau un grand rôle. Celui de la mère, suivie de sa jeunesse dans les années 50 jusqu’à la fin de sa vie. “Le livre d’Angot m’avait bouleversée”, nous a expliqué récemment l’actrice. “C’est un formidable roman sur le manque de confiance en soi. Comment il se fait qu’une femme intelligente, forte, accepte d’être rabaissée, insultée. Elle a une si mauvaise image d’elle-même qu’elle ne voit pas ce qui arrive à sa fille, est persuadée que si celle-ci est triste, c’est à cause d’elle, que ça ne peut pas être à cause de son père. Je n’ai absolument pas ce parcours-là, mais ce sont des choses que je me sens complètement capable de comprendre, parce qu’on l’a déjà touché du bout des doigts.

L’histoire de la maman de Christine Angot est effectivement assez incroyable. Fille de milieu modeste, Rachel Schwartz est une jeune femme intelligente, mais imprégnée du respect dû aux classes “supérieures”. Aussi quand Pierre Angot, fils de bonne famille riche et cultivé, s’intéresse à elle, elle ne lui résiste pas. Elle va aller de désillusion en désillusion, sans remettre en question pendant longtemps le prestige du bonhomme, qui ne l’épousera jamais mais lui accordera comme une faveur qu’elle reste une maîtresse épisodique. Il lui faudra des années pour comprendre ce qui motivait son retour auprès d’elle et leur fille, qu’il avait tant tardé à reconnaître. Trop tard pour rétablir le lien avec sa fille... Et soudain, on comprend mieux cette difficulté à s’exprimer d’Angot, cette colère qu’elle semble tenter en permanence de contenir.

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