Buzzomètre : comment Instagram a changé nos vacances

Conséquence de la puissance d'Instagram : les clichés similaires... © Shutterstock/Instagram
Conséquence de la puissance d'Instagram : les clichés similaires... © Shutterstock/Instagram

Fini de consulter le "Guide du Routard" ou le "Lonely" pour choisir sa destination, son hôtel ou ses excursions : désormais, on scrolle sur le célèbre réseau social.

C'est en tout cas ce qui ressort d'une vaste étude menée par Next Content pour le compte du voyagiste Expedia. On y apprend notamment que 23 % des personnes interrogées s'inspirent de publications qu'elles ont vues sur Instagram pour choisir leurs futures destinations de vacances. Elles sont même 29 % à en tenir compte pour décider de leur hébergement, ce qui explique la nécessité pour les hôteliers d'être influents sur les réseaux. Des chiffres qui augmentent chez les plus jeunes, à respectivement 48 % et 42 % pour les 18-24 ans. Des millenials pour qui l'"instagramabilité" d'un endroit, comprenez sa photogénie et son côté cool, prime désormais sur tous les autres critères de choix !

Leur objectif : partir là où ils pourront réaliser et partager les plus belles photos et recueillir un maximum de likes. Ça vous paraît fou ? Si vous êtes un utilisateur d'Instagram ou de Facebook, avouez que vous aussi, lors de vos dernières vacances, vous avez très certainement publié l'un ou l'autre cliché très travaillé dans le but de faire rêver votre audience. Un peu comme avant, lorsque vous choisissiez et postiez les plus belles cartes postales (le nombre de cartes envoyées dans le monde a d'ailleurs diminué par quatre en cent ans !). "Instagram reprend la correspondance", explique Valérie-Jeanne Perrier, sociologue spécialiste du numérique, au "Nouvel Observateur". "Certaines photos envoient le message “Je vais bien, je pense à toi, je pense à vous”. Le soin apporté à leur esthétique fait partie de l'échange."

Partout pareil

Corollaire de ce phénomène : dans certaines destinations, l'on peut voir des dizaines de touristes prendre exactement la même photo. Du coup, certaines villes indiquent carrément, par le biais de panneaux, ou via leurs guides locaux, le meilleur point de vue pour prendre LE cliché parfait à poster sur les réseaux sociaux. Et si Instagram permet de dénicher un petit resto perdu dans un village de montagne (via l'onglet de position ou en tapant le nom du bled précédé d'un hashtag), il engorge aussi certains sites, peu préparés au tourisme de masse et qui auraient préféré rester confidentiels. Un problème qui devrait trouver sa solution… grâce aux milléniums justement. Car si cette génération est la première à faire du tourisme instagramable, "elle se dispersera davantage dans les années à venir, par peur d'être déçue en pensant visiter un site unique, puis en réalisant que beaucoup trop d'autres personnes ont eu la même idée", analyse le cabinet de conseil McKinsey.

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