Boulevard des Airs chante "Bruxelles"... à Bruxelles

Boulevard des Airs chante "Bruxelles"... à Bruxelles
Boulevard des Airs chante "Bruxelles"... à Bruxelles

Vendredi soir, Boulevard des Airs se tenait à la Madeleine. Les deux chanteurs du groupe nous ont accordé une interview en coulisses avant le concert. L'occasion pour Ciné-Télé-Revue de revenir sur l'engouement assez particulier autour de leur titre phare à l'effigie de notre capitale.

Quelle est la signification initiale de "Bruxelles" (vidéo ci-dessus, ndlr) ?
Sylvain Duthu : Ce n'est pas une déclaration enflammée à la ville de Bruxelles, en fait. C'est une histoire d'amour où, tout simplement, la fille déménage en Belgique, dans votre capitale. Le garçon prend alors le parti de ne pas la suivre et du coup, l'histoire se termine.

Qu'évoque donc la capitale belge pour vous ?
S : Au départ, c'était une ville inconnue pour nous (les membres de BDA sont originaires de Tarbes, ndlr). Je n'avais jamais mis les pieds à Bruxelles. Je ne connaissais pas du tout cette ville lorsque j'ai écris le texte. C'est petit à petit qu'on a appris à la découvrir. Si on a appelé l'album comme ça, c'est parce qu'on en a décidé ainsi lorsqu'on était dans le train pour aller mixer au studio ICP ici, à Bruxelles.

Il y a eu un véritable engouement pour ce titre suite aux attentats du 22 mars dernier. Voir tous ces messages sur les réseaux sociaux, vous remerciant pour ce titre... ça vous a particulièrement ému ?
S : Si cette chanson, cette musique pouvait d'une manière ou d'une autre faire du bien à ce moment là, c'était le plus important.

Suite aux attentats... peut-elle aujourd'hui être interprétée différemment ?
Florent Dasque : Oui, ça a justement été le cas. C'est ce que nous ont raconté les gens d'ici. Nous savons que les passages radio ont augmenté après ce qu'il s'est passé. Comme l'a dit Sylvain, ce n'est pas une déclaration à la ville de Bruxelles. Nous ne sommes pas d'ici et nous ne connaissions pas plus que ça cette ville. On aurait pu appeler notre titre "Berlin" si la fille de la chanson avait déménagé à Berlin...

"Cette chanson nous a quelque peu échappé"

Jouer "Bruxelles" à Bruxelles, du coup... c'est encore plus symbolique pour vous, non ?
F : C'est sûr ! Ce qui est particulier, c'est toute l'atmosphère qu'il y a autour. Les gens sur les réseaux sociaux n'arrêtent pas de dire et d'écrire que cette chanson leur parle et leur évoque certaines choses... Cette chanson nous a quelque peu échappé avec ce qu'il y a eu, en fait. Si elle est réinterprétée, tant mieux. S'il y aura une émotion spéciale ce soir ? Oui. Maintenant, il est impossible de la décrire. C'est grâce à l'atmosphère qu'il y a autour qu'on sent que ce concert sera particulier.
S : On avait déjà ressenti une certaine complicité avec le public bruxellois lorsqu'on était venu les autres fois... lors du Bruxelles Summer Festival de l'an dernier, notamment.

Au départ, vous n'étiez pas beaucoup mais au fil des années, votre groupe a accueilli de nouveaux membres. Comment faites-vous pour ne pas laisser l'ego de chacun influencer votre travail ?
F : Ça un impact sur notre travail, oui, mais ce n'est pas négatif. Nous sommes plus critiques à 9 qu'à 2. Quand on écoute une chanson, qu'on se demande si elle est bien ou pas, s'il faut l'améliorer etc. Le fait d'avoir autant d'oreilles qui écoutent le morceau et qui donnent leur avis, ça nous permet par la suite d'aller encore plus loin dans la recherche. Parfois, il y a des tensions mais c'est comme dans toutes les relations. Ça fait très longtemps qu'on se connaît, donc on gère en amont les problèmes. Il y a une bonne ambiance.
S : On s'est rencontré il y a très longtemps, oui. C'était il y a 12 ans. On s'entend toujours aussi bien et notre projet fonctionne à merveille depuis 2011.
F : Les analyses psychologiques disent que quand ça dure 7 ans, ça peut durer toute la vie. Ici, on parle de 7 ans d'amitié, pas de simples échanges sur Facebook. (Rires.)

Comment décrire chaque membre du groupe ?
F : Ce n'est pas facile. De manière générale, tout le monde est positif. Il y en a qui le montre plus que d'autres, mais il n'y a pas de gros râleurs qui s'enferment dans leur coin ou qui se sentent oppressés. Après, il y en a des plus réservés. L'équipe technique qui nous entoure est aussi positive et heureusement, car on est tout le temps ensemble et si on ne se ressemblait pas là dessus, ce serait difficile.

Vous chantez en trois langues différentes : le français, l'espagnol et l'anglais. Pourquoi ?
S : Ce n'était pas forcément réfléchi. Comme ce sont les langues les plus parlées, et bien... on les connaît nous aussi. Maintenant, il y a aussi le fait que certains membres du groupe ont des origines espagnoles, des grands parents ou des parents latinos. Si on avait eu des parents ou des grands parents maghrébins ou allemands, on aurait pu écrire dans ces langues-là.
F : Il y a aussi les influences qui nourrissent ce qu'on fait. Si on n'écoute pas de musiques allemandes, on ne va pas en jouer. La musique anglaise, tout le monde en a déjà écouté. La musique espagnole, pareil. J'imagine que ça vient de là. Si on avait écouté plus de musique arabe, peut-être qu'on aurait écrit en arabe.


Boulevard des Airs (BDA) sera de retour en Belgique, à l'Inc'Rock Festival, dimanche 1e mai prochain. Le groupe sera ensuite à Virton le 14 mai dans le cadre du GOOSE FESTIVAL, le 20 juillet aux FRANCOFOLIES DE SPA et le 29 juillet au festival Les Gens d'Ere de Tournai.



Propos recueillis par Louise Lodico

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