Benoît Poelvoorde : "Mon boulot n'est pas de prendre position"

Benoît Poelvoorde, flic à qui on ne la fait pas dans "Au poste!", de Quentin Dupieux. © Diaphana Distribution
Benoît Poelvoorde, flic à qui on ne la fait pas dans "Au poste!", de Quentin Dupieux. © Diaphana Distribution

L’acteur, à l’affiche de la comédie absurde "Au poste !", de Quentin Dupieux, nous parle d’engagement et de hobby, toujours avec humour et lucidité.

Attention, ovni : "Au poste !", qui sort aujourd’hui, est une comédie se déroulant quasi entièrement dans un poste de police à l’ambiance années 80. Un commissaire, incarné par Benoît Poelvoorde, reçoit le suspect numéro un d’un meurtre. Sauf que les questions, les réflexions et les commentaires nous entraînent dans un monde complètement loufoque et dérangeant. Un monde où, par exemple, les flash-back prennent une drôle de tournure quand tout le monde commence à pouvoir intervenir dedans… Durant l’interrogatoire, on voit aussi débarquer un assistant pourvu d’un œil gauche flou et dont le tic de langage - il dit sans cesse "c’est pour ça" - va devenir un running gag idéalement calibré. Ce n’est pas tant l’intrigue que les dialogues inclassables et les situations décalées qui donnent la tonalité de ce film déjanté.

Cet humour singulier, on le doit au réalisateur Quentin Dupieux, qui, en 2010, avec "Rubber", n’hésitait pas à raconter l’histoire d’un pneu serial killer aux actions commentées par… les spectateurs du film. Figurez-vous que le prochain long métrage de ce metteur en scène et musicien français, intitulé "Le daim", est déjà tourné.

Vous y retrouverez un certain Jean Dujardin, obsédé par une veste en daim. Car la veste en daim, c’est obsédant. C’est pour ça. En attendant, voici un extrait de l’interview que nous a accordée Benoît Poelvoorde, à lire dans le Ciné-Télé-Revue de ce jeudi 12 juillet.



Face à Benoît Poelvoorde, dans le rôle du suspect, Grégoire Ludig, du Palmashow © Diaphana Distribution
Face à Benoît Poelvoorde, dans le rôle du suspect, Grégoire Ludig, du Palmashow © Diaphana Distribution

 

Vous tournez au rythme de quatre à cinq films par an. Vous êtes toujours aussi boulimique de cinéma ?

C’est un hasard total. En fait, quand je m’engage dans un film, il m’arrive de ne pas recevoir de nouvelles de la production durant un an. C’est un temps où les producteurs attendent des financements. Cette année, tous les films auxquels j’avais dit oui l’an dernier s’enchaînent l’un après l’autre. C’est une des raisons pour lesquelles j’apparaîtrai dans six films ces prochains mois. Dans dix jours, j’en démarre un avec le réalisateur belge Fabrice Du Welz, qui sera directement suivi par le tournage d’un dernier film. Ce seront les deux derniers avant ma pause. En 2019, je dirai non à tous les réalisateurs durant un an, et je ne tournerai donc pas l’année suivante.

Qu’allez-vous faire durant ces deux années de pause ?

Rien ! Je ne veux plus bouger de chez moi. J’aimerais m’oxygéner, voir des amis qui ne sont pas dans le cinéma. Quand je suis dans ma maison à Namur, je lis, je dors, je regarde le paysage, je joue avec mes chiens et j’écoute de la musique. Ça prend déjà du temps ! Je suis très casanier. Je peins aussi sur mes murs. Je dessinais quand j’étais jeune, mais je n’ai jamais été très bon. Je me suis fait un atelier. Je peins selon l’envie. Ce n’est pas beau mais je m’en fous, c’est sympa. Personne ne verra jamais le résultat, je le fais pour moi.

Un de vos amis, Bouli Lanners, dénonce à travers des vidéos sur Internet les dérives de l’énergie nucléaire. Vous engageriez-vous pour une cause ?

Je comprends l’engagement de Bouli, mais je ne partage pas son action. Je ne considère pas que mon boulot est de prendre position ou de dénoncer des combats. Ma grand-mère m’a toujours dit qu’on ne devait parler ni d’argent ni de politique à table. C’est une forme de civisme, j’ai toujours respecté cela. Aujourd’hui, tout le monde donne son avis sur les réseaux sociaux, comme si tous les avis se valaient. Je n’ai pas envie de participer aux Enfoirés ou à d’autres événements du genre, car je ne voudrais pas qu’on ne me croie pas sincère dans mon engagement.

Découvrez la suite de l'interview de Benoît Poelvoorde dans votre magazine, en vente dès ce jeudi.

Propos recueillis par Géry Brusselmans

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