Anne Ruwet/Christine Schréder : match amical

Vous retrouverez Anne Ruwet et Christine Schréder ces mardi, mercredi et jeudi pour vous faire vivre les grands moments du foot, sur RTL-TVI et la RTBF. © Eric Herchaft / Reporters
Vous retrouverez Anne Ruwet et Christine Schréder ces mardi, mercredi et jeudi pour vous faire vivre les grands moments du foot, sur RTL-TVI et la RTBF. © Eric Herchaft / Reporters

Elles nous font vivre le foot sur les deux chaînes nationales. Concurrentes ? Pas du tout, entre ces deux passionnées du ballon rond, il y a plus d'un point commun. Rencontre sans langue de bois.

Commençons par le commencement, avec un peu d'humour ! Vous avez été traînées au stade toutes petites ou vous détestiez les Barbie, que vous avez accroché au foot ?

Anne : Cette passion vient de mon papa. Il a failli être joueur pro, mais mon grand-père ne l'a pas soutenu, il n'a pas voulu qu'il passe les tests. C'était sa grande déception, de ne pas avoir eu cette carrière alors qu'il en avait le talent. Il se trouve que ma sœur, ma mère et moi, on aimait le foot aussi. Cette passion nous a unis très fort parce qu'on regardait les matchs ensemble, on allait au stade en famille.

Et vous Christine, c'est une histoire de transmission aussi ?

Moi, cela a commencé avec les copains à l'école primaire, quand je parlais foot avec les garçons. Un jour, je me suis dit que je voudrais bien aller voir un match. Quand je me suis retrouvée au stade pour la première fois, du haut de mes 10 ans, j'ai été prise par l'émotion. Le déclic, la passion sont nés là. Par le fait que le foot enlève les barrières, permet cette ouverture à l'autre, crée l'union. Et puis, ce qui donne du piment à ce sport, c'est que tout peut arriver, le pire comme le meilleur.

Le foot, c'est donc bien plus, pour vous, que d'analyser des matchs…

Anne : Ah oui ! C'est un générateur d'émotions incroyable. C'est une épopée, le meilleur des films, avec de belles histoires, des moments de gloire, des parcours de vie surprenants. C'est pour toutes ces raisons que j'adore cela.

Mais pour arriver à s'imposer dans un milieu qui est essentiellement masculin, une femme ne doit-elle pas faire doublement ses preuves ?

Anne : C'est clair qu'en tant que femme, on nous colle vite une étiquette, encore plus avec les réseaux sociaux ! Si une femme fait une erreur, on dira qu'elle n'y connaît rien. Si c'est un homme, on dira que c'est un manque de concentration. Une femme doit d'autant plus faire attention à ce qu'elle dit, à montrer qu'il y a un travail de préparation derrière sa présentation. Le téléspectateur, l'amateur de foot est hyper-pointilleux, cela met une certaine pression.

Christine, vous avez essuyé des remarques sexistes ou désobligeantes ?

Ma carrière s'est construite progressivement, d'abord à Canal + Belgique, en faisant des reportages, puis des émissions plus importantes, donc je n'ai pas connu cette pression-là. J'ai toujours pensé que c'était normal pour une femme de vouloir faire du journalisme sportif, et j'avais une telle volonté d'y arriver que je ne me suis jamais posé la question de savoir si j'allais avoir moins d'opportunités qu'un collègue. Parce que, homme ou femme, ce métier est une question de travail et de compétences. Donc, pour répondre à votre question, non, je n'ai jamais connu de réticences.

Et vous, Anne ?

Moi non plus, je n'ai jamais été confrontée à des remarques machistes. Heureusement… Mais je crois que tout dépend de la manière dont on se présente face à un amateur de foot et à un joueur, de la posture de journaliste.

Alors, quel est l'atout d'être une femme dans le journalisme sportif ?

Christine : Les femmes ont plus cette fibre sensible qui s'intéresse à l'humain. Quand un joueur fait une moins bonne prestation, on se demande si un truc ne tourne pas rond dans sa vie privée. C'est peut-être notre côté maternel, mais la sensibilité féminine est un avantage dans ce métier, c'est ce qui fait qu'on amène un joueur à se sentir dans un climat de confiance. Du coup, il ira plus loin dans ses propos, il se lâchera plus. Les hommes, eux, sont plus rentre-dedans. Il faut dire aussi qu'on travaille dans un milieu où la langue de bois est un sport national. Justement, le regard féminin plus bienveillant nous permet d'aller plus dans les émotions.

Vous partagez cet avis, Anne ?

Moi aussi, je suis attentive au contexte d'un match, au facteur humain. Je pense également que la vision d'une femme est plus globale. Notre sensibilité fait qu'on ne casse pas un joueur sur une prestation, mais qu'on va plus voir à long terme et lui laisser sa chance.

On sent bien que vous avez le foot chevillé au corps mais y a-t-il autre chose qui vous passionne ?

Christine : Ma grande passion, c'est faire la fête, la convivialité, cela fait partie du foot, tout est dans tout !

Anne : Ah, moi, je ne suis pas du tout festive ! J'aime les petits moments particuliers qui restent exceptionnels, j'ai un cercle d'amis très proches, ce petit cadre essentiel suffit à mon bonheur, je suis très casanière.

"UEFA Champions League", mardi 6 novembre et mercredi 7 novembre, 18 h 05, Club RTL

"Europa League", jeudi 8 novembre, 18 h 25, la Deux

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