Stephan Streker aux César : "On est en finale de la Champion’s League !"

Stephan Streker avec Lina El Arabi, l'héroïne de son film "Noces", nominé aux César comme meilleur film étranger. © Jeanpol Sedran
Stephan Streker avec Lina El Arabi, l'héroïne de son film "Noces", nominé aux César comme meilleur film étranger. © Jeanpol Sedran

Déjà huit fois nominés aux Magritte, son drame "Noces" est repris dans la catégorie meilleur film étranger aux César, aux côté de "Dunkerque" ou "La La Land" ! Le cinéaste belge nous a donné ses premières impressions.

Comment avez-vous pris la nouvelle ?

C’est une énorme surprise ! Je n’en revenais pas, ni mes producteurs qui étaient avec moi. Je peux vous dire comment je l’ai appris, c’est un truc surréaliste ! On avait le secret espoir que Lina El Arabi, qui interprète l’héroïne principale du film, soit sélectionnée en tant que meilleur espoir féminin. Je regardais en direct la conférence de presse, avec Manu Payet (présentateur de la cérémonie), qui commence par citer les nominées dans cette catégorie, justement. Et Lina n’est pas reprise. On est déçu, un tout petit peu, parce que ce n’est pas très grave… On continue à regarder la suite, sans plus rien attendre, même si techniquement on était éligibles, parce que la concurrence est juste invraisemblable ! Et là, voir Manu Payet qui cite mon film ! Quelle émotion ! Je vous jure que je ne m’y attendais pas du tout. C’est gigantesque, vraiment un truc de fou. Fantastique !

Quelle aventure !

"Noces" est une aventure incroyable, on a eu des critiques de dingues, on a le succès public, qui en plus a été touché par le film. On est aussi nominé comme meilleur film francophone ce lundi pour les prix de la presse internationale à Paris, les Lumière… Je ne fais pas de cinéma pour recevoir des prix, mais c’est une reconnaissance et c’est important. Je l’ai déjà bien vu pour mon prochain film, que j’ai commencé d’écrire. Je ne peux encore rien dire sur l’histoire. Mais dès que je pourrai je reviendrai vers vous vous en parler !

Vous allez affronter le gratin du cinéma mondial !

Cette idée de se retrouver symboliquement entre Christopher Nolan ("Dunkerque"), Damien Chazelle ("La La Land"), Tarik Saleh ("Le Caire confidentiel"), Andreï Zviaguintsev ("Faute d’amour")... c’est incroyable, anormal et génial. Vous avez un homme heureux devant vous ! Faisons la fête samedi aux Magritte !

Vous rêvez de gagner devant eux ?

Le battre n’est pas de battre qui que ce soit. Le fait d’être invité à la cérémonie c’est déjà suffisamment énorme ! Ça me suffit amplement. J’ai une nature heureuse, je vois plutôt le verre à moitié plein qu’à moitié vide.

"Si je repars bredouille des Magritte, je serai un peu le Jay-Z du cinéma belge ! "

Vous avez senti très vite que ce film avait un tel potentiel ?

Pas du tout ! Mais pour être sincère je peux vous confier que j’ai senti très vite qu’il allait se démarquer, une fois qu’on a trouvé les acteurs, Lina et Sébastien Houbani. Ils étaient exceptionnels, dès le premier jour de tournage j’ai dit à mes producteurs que c’était possible de faire un grand film car on avait de très grands acteurs. Après, les prix, ce n’est pas mon moteur. Mon moteur, c’est de tourner, de raconter des histoires. Evidemment que ce succès facilite la réalisation du suivant. C’est un formidable encouragement. Une chose qui relativise l’importance des trophées, c’est que Stanley Kubrick, Alfred Hitchcock, Orson Welles n’ont jamais eu d’Oscars. Mais c’est une surprise énorme, un cadeau incroyable.
 

Ça change votre approche des Magritte, qui ont lieu samedi et où "Noces" est nominé huit fois ?

Non, pas vraiment. En tout cas ça n’ajoute pas de pression pour moi. Je considère qu’il n’y a pas de perdant à ce genre de cérémonie. Etre nominé est déjà amplement suffisant pour que je sois content. Dans tous les cas, je ne me considérerai pas comme perdant. Jay-Z, le mari de Beyoncé, a eu huit nominations aux Grammys, il est reparti sans rien. Si je repars bredouille, je serai un peu le Jay-Z du cinéma belge ! C’est quand même très bien déjà ! (Rires.) Et un truc avantageux maintenant, c’est que même si on ne gagne rien aux Magritte, on reste nominé aux César ! C’est vrai : si on ne gagne pas le championnat belge, on reste qualifié en coupe d’Europe ! On doit encore jouer les playoffs en championnat, mais on est en finale en Champion’s League !

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