Johnny : le cinéma aussi est en deuil

Johnny Hallyday et Jean Rochefort dans "L'homme du train". La dernière route aussi, ils la font ensemble. © Archives CTR

Johnny va seulement commencer à nous manquer. Terriblement. Pour le revoir, petit passage en revue d’une carrière devant la caméra qui restera elle aussi marquante.

Le premier rêve de Johnny Hallyday, ce n’était pas d’être chanteur. C’était d’être comédien. Comme Elvis Presley qui le faisait rêver en cow-boy sur le grand écran, Jean-Philippe Smet se voyait se lançant dans de grandes cavalcades en Cinémascope. Sa carrière sur scène sera telle cependant qu’elle remisera cette passion au second plan, faisant du Taulier un éternel espoir du cinéma français, sans jamais totalement parvenir à combler ses attentes. Pourtant, là aussi, les rendez-vous importants n’ont pas manqué.

"Les diaboliques", 1954

Tout commence par une apparition, tout petiot, dans le classique d’Henri-Georges Clouzot, avec Simone Signoret et Paul Meurisse. Johnny fait partie des élèves du pensionnat où se trame un meurtre sordide.


"D’où viens-tu, Johnny ?", 1963

Les choses sérieuses débutent avec ce « western camarguais », où celui qui est déjà l’idole des jeunes joue Johnny Rivière, un Parisien passionné de rock’n’roll contraint de se cacher de trafiquants de drogue. Un film de Noël Howard avec aussi Sylvie Vartan.

"L’aventure c’est l’aventure", 1972

Claude Lelouch, le premier à avoir dirigé Johnny Hallyday, pour le tournage de scopitones, l’ancêtre du clip vidéo, lui offre un de ses meilleurs rôles : lui-même, kidnappé par Jacques Brel et Lino Ventura pour une joyeuse arnaque à l’assurance.

"Détective", 1984

Sa belle histoire avec Nathalie Baye ramène Johnny vers le cinéma. Et pas n’importe lequel, puisqu’il est ici dirigé avec sa compagne par Jean-Luc Godard. Enfin pris au sérieux comme comédien, il est l’année suivante devant les caméras de Costa-Gavras pour « Conseil de famille ».

"L’homme du train", 2002

Après avoir été David Lansky au petit écran, Johnny s’est à nouveau éloigné des plateaux. Mais en 2002, Patrice Leconte lui offre un rôle formidable. Le réalisateur se révèle presque visionnaire, hélas : le chanteur joue un gangster face à un homme paisible, joué par Jean Rochefort, qui meurt en même temps que lui dans le film. Dans la vraie vie, moins de deux mois auront séparé leurs départs respectifs.

"Jean-Philippe", 2006

Johnny crève l’écran en… lui-même, Jean-Philippe Smet qui, dans un monde parallèle, ne chante pas. Heureusement, un fan absolu venu de notre univers, joué par Fabrice Luchini, lui révèle le but de sa vie. Une comédie très réussie de Laurent Tuel pour un artiste qui ne craint pas de jouer avec son image.

"Salaud, on t’aime", 2014

Les retrouvailles de Johnny Hallyday avec Claude Lelouch n’accouchent pas d’un film inoubliable, mais quelle joie d’y voir l’idole donner la réplique à son pote de toujours, Eddy Mitchell. Après un caméo absolument inoubliable dans « Rock’n’roll », de Guillaume Canet, c’est aussi devant la caméra de Lelouch que Johnny fera ses adieux au cinéma, dans « Chacun sa vie », cette année. Chapeau bas, l’artiste !

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