Disparition à 100 ans de Danielle Darrieux

Danielle Darrieux lors de l’enregistrement de l'émission "Vivement Dimanche" en 2010. © Reporters
Danielle Darrieux lors de l’enregistrement de l'émission "Vivement Dimanche" en 2010. © Reporters

Sa dernière apparition au cinéma remontait à 2010 dans "Pièce montée".

Près d’un an après la mort de Michèle Morgan, c’est une autre icône du cinéma français qui vient de tirer sa révérence. Danielle Darrieux s’est éteinte ce mercredi 18 octobre à Bois Le Roy. La comédienne avait fêté en mai dernier ses 100 ans, rejoignant ainsi le cercle très fermé des actrices centenaires où l’on retrouve encore Olivia de Havilland (l’une des héroïnes de "Autant en emporte le vent") et Renée Simonot, la maman de Catherine Deneuve (désormais âgée de 106 ans).

La carrière de Danielle Darrieux, qui s’étale sur près de 80 ans, demeure l’une des plus pléthoriques du septième art français. Son premier rôle au cinéma remonte à 1931 dans "Le bal" et le dernier à 2010 avec "Pièce montée", où elle partageait l’affiche notamment avec Jérémie Renier. Entre les deux, plus d’une centaine de films. On se rappelle notamment de "Mayerling" en 1936, "Ruy Blas", "La fausse maîtresse", "La ronde", "Madame de", "Le rouge et le noir"… Dans les années 50, elle tourne plusieurs films à Hollywood. Vingt ans avant Brigitte Bardot, elle est aussi une des premières actrices à s’imposer par ses initiales : DD.

Au tournant des années 60, elle tourne dans "Landru" de Chabrol ou encore dans "Les demoiselles de Rochefort" de Jacques Demy où elle joue la mère de Catherine Deneuve et Françoise Dorléac. Elle est la seule comédienne du casting à ne pas être doublée pour les scènes chantées ! Jacques Demy qu’elle retrouvera en 1982 pour "Une chambre en ville". Parmi ses derniers rôles marquants, "Huit femmes" de François Ozon en 2001, où elle campe la belle-mère avare et alcoolique. Film dans lequel elle retrouve une nouvelle fois Catherine Deneuve qui dira d’elle : "C’est la seule femme qui m’empêche d’avoir peur de vieillir." Elle a joué aussi dans une pléthore de téléfilms (jusqu'en 2010) et des dizaines de pièces au théâtre (la dernière, "Oscar et la Dame rose" en 2004, qui lui a valu le Molière de la meilleure actrice).

Celle qu’on surnommait avant-guerre "la fiancée de Paris" a aussi eu une vie sentimentale bien remplie, avec trois mariages (avec le réalisateur Henri Decoin, puis un diplomate dominicain et ensuite en 1948 un scénariste avec qui elle adopte son seul enfant, Mathieu). En 1994, après le décès de son troisième mari, elle se met en couple avec un musicien vingt ans plus jeune qu’elle.

Danielle Darrieux pouvait se targuer d’avoir traversé la quasi-totalité de l’histoire du cinéma français, passant par toutes les modes. Ses obsèques auront lieu le mardi 24 octobre en l’église de Bois Le Roy.

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Dans "Huit femmes", en 2001. © Archives CTR

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Dans "Les demoiselles de Rochefort" en 1967. © Archives CTR

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