Charlotte Gainsbourg : "Vieillir est plus dur pour une actrice"

Charlotte Gainsbourg livre une prestation épatante dans ce film tiré du roman autobiographique de Romain Gary. © Belga
Charlotte Gainsbourg livre une prestation épatante dans ce film tiré du roman autobiographique de Romain Gary. © Belga

La comédienne campe avec une énergie incroyable la mère extravagante et possessive de Romain Gary dans "La promesse de l’aube", en salle depuis ce mercredi.

"La promesse de l’aube", c’est l’histoire d’un amour hors norme et inconditionnel d’une mère pour son fils. Un amour autoritaire et étouffant aussi…

C’est vrai, c’est un amour qui peut être brutal et exagéré, mais pas quelque chose de monstrueux. C’est avant tout une preuve d’amour comme on en voit peu au cinéma ou en littérature. Ça m’a beaucoup émue. J’ai d’abord perçu le côté bouleversant, même si après coup, on se demande forcément si c’est une bonne ou une mauvaise mère. Mais j’ai rarement vu un rôle aussi fort et des personnages aussi incroyables.

Vous êtes plutôt une maman dirigiste ou vous laissez faire vos enfants ?

Je suis très loin du personnage de Nina. J’ai déjà du mal à avoir un avis tranché sur les choses. Mais Nina a vécu une vie dure, de persécution. Elle a du mérite à être acharnée, à vouloir se battre, ne jamais lâcher prise. Je n’ai pas été confrontée aux mêmes choses. Moi, je laisse mes enfants libres de leurs choix, mais comme mes parents l’avaient fait avec moi. Ils m’avaient inculqué que les métiers d’actrice et de chanteuse étaient les plus beaux du monde, mais tout en me mettant en garde sur le fait qu’ils étaient aléatoires aussi. Je retiens en tout cas que j’ai eu la liberté de faire ce que j’avais envie. J’ai suivi leurs traces, mais si j’avais voulu aller dans une autre direction, j’aurais pu. D’autres destins étaient possibles. Après, j’ai eu la chance que mon père m’ait impliquée dans la musique très jeune. Il a compris que j’en avais envie, mais si ça ne m’intéressait pas, il ne m’aurait pas forcée. Quant à ma maman, elle m’a offert la possibilité de faire un casting pour un film, "Paroles et musique", pour que j’aie à la fois un pied dans la musique et un dans le cinéma. A 12 ans, j’avais déjà pu expérimenter les deux.

A la fin du film, vous apparaissez vieillie.

Ça nécessitait chaque matin quatre heures de pose de prothèses. C’est un travail assez incroyable. Ce qui était génial, c’était de pouvoir m’enlaidir à l’écran, mais tout en sachant que la lumière serait magique, les cadres, très soignés. Donc, c’est beau à voir malgré tout.

Vieillir vous fait peur ?

Oui, surtout en tant qu’actrice. Je n’ai pas eu beaucoup de rôles qui reposent sur mon physique, le fait d’être jolie à l’écran, mais ça compte quand même. On n’a pas envie de faire vieille trop vite. Le temps vous rattrape suffisamment rapidement. Ce n’est jamais très agréable de voir ses rides à l’écran, de réaliser qu’on n’a plus 20 ans. Et ça veut dire que les rôles s’amenuisent, qu’on a moins de propositions. C’est plus facile pour les acteurs, qui s’embellissent même parfois avec l’âge – regardez Montand –, là où pour nous, les femmes, on a moins de temps. Souvent, à partir de 40 ans, c’est un déclin. Même si j’ai eu la chance de beaucoup tourner récemment, je sais que je ne vais pas retrouver demain un rôle comme celui de Nina.

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