L’arrivée d’un heureux événement s’accompagne de l’inéluctable question : allaitement ou biberon ? Certes, le lait maternel est parfaitement adapté aux besoins du nourrisson et est le seul à pouvoir lui fournir des anticorps, mais l’ampleur de l’investissement personnel peut effrayer. Et les récentes polémiques lancées par les féministes (qui fustigent l’allaitement au nom de l’indépendance de la femme) n’arrangent rien…
Oui, c’est pratique
Pourtant, cette méthode présente son lot d’avantages pratiques. Imaginez : peu importe le lieu, vous n’avez aucun matériel à emporter ou à stériliser, pas de température de lait à vérifier et jamais la mauvaise surprise de découvrir une boîte de lait vide… à 2 h du matin ! Le lait maternel est immédiatement prêt à l’emploi. En cas d’allergies de l’enfant, recourir à l’allaitement peut empêcher les déboires avec les croûtes de lait ou les problèmes de peau… sans parler des douleurs intestinales.
Aucune préparation à l’allaitement n’est nécessaire durant la grossesse, contrairement à ce que certaines légendes véhiculent. Non, les mamelons ne doivent pas être frottés, étirés. Pensez juste à effectuer une consultation préalable si vous souffrez d’une pathologie grave. Pas d’autres restrictions, même en cas de mamelons plats ou pour les femmes ayant subi une césarienne. Suite à un accouchement par voie basse, l’OMS recommande de mettre le nouveau-né au sein dans l’heure suivant la naissance. Cela le rassure et maintient sa température corporelle, tout en provoquant chez la mère les contractions nécessaires à l’éjection du placenta et à la rétraction de l’utérus. Ressentir des douleurs dans le ventre lors des premières séances est donc normal. Les mamelons peuvent aussi s’irriter. Pour prévenir les crevasses, enduisez-les de colostrum – liquide sécrété par les seins les premiers jours suivant la naissance – ou de lait maternel, produit trois ou quatre jours après la naissance. Passé cette période de mise en route, vous êtes partie pour le meilleur !
Ne pas se poser de questions
Actuellement, l’allaitement à la demande est préconisé : présentez au bébé le sein dès qu’il pleure, met les doigts en bouche, se tortille. Durant les trois premières semaines, un enfant se régularise en douceur. Et non, il ne fait pas de caprices s’il réclame à intervalles rapprochés. Selon son appétit, les tétées peuvent aussi bien durer 45 minutes que 15 minutes. Plus l’enfant grandira, plus celles-ci s’écourteront. Si l’exercice vous intimide en public, n’hésitez pas à masquer votre poitrine et la tête de l’enfant à l’aide de foulards. Durant cette période particulière, que certains qualifient de « prolongation de la grossesse », certaines consignes subsistent. Alcool, caféine et tabac sont encore à éviter tandis que toute prise de médicament doit être validée par votre médecin. En dépit des idées reçues, des aliments tels que le chou, les oignons et l’ail sont admis. On vous recommande en outre de consommer du fenouil, qui favorise la lactation et aide l’enfant à digérer sans coliques.
Jusqu’aux six mois du bébé, l’allaitement maternel exclusif est conseillé. Votre sein, lui seul, apporte tous les nutriments nécessaires au développement de l’enfant. Aucun biberon de complément (eau sucrée, lait en poudre, tisane) n’est à prévoir, même en cas de fortes chaleurs. Inclure une autre source d’alimentation se répercute sur votre production lactée : plus le bébé tète, plus vos seins regorgent de lait. Une consistance molle de ceux-ci ne traduit pas une carence en sécrétion lactée !
Petit à petit, recouvrez votre liberté. Grâce au tire-lait, extrayez la quantité nécessaire à une ou deux tétées lorsque vous vous absentez. Ne culpabilisez pas, c’est aussi un moyen de familiariser l’enfant avec la tétine du biberon. Vigilance par contre sur la conservation de votre lait : s’il vient d’être tiré, il peut rester trois jours dans la partie la plus froide du frigo ou deux semaines dans le congélateur.
Le sevrage en douceur
Lorsque vous décidez de ne plus nourrir votre bébé au sein, supprimez une tétée par jour. Indispensable pour éviter la douleur d’une poitrine engorgée et d’infliger, de cette façon, d’importantes variations de volume à vos seins, qui pourraient se traduire en vergetures. Ne culpabilisez surtout pas. Enrayez les regrets de passer à côté de cette expérience en la vivant, mais si l’allaitement vous pousse au bout de vos forces, ne continuez pas par égard aux autres. Et rappelez-vous que les sites Internet ou lignes de permanence regorgent de personnes prêtes à vous soutenir et à répondre à toutes les questions que vous vous posez. Infos :
www.infor-allaitement.be,
www.lllbelgique.org,
www.allaitementmaternel.be
Restez zen
Ne vous mettez surtout pas la pression : vous n’êtes pas obligée d’allaiter. Rien ne vous impose de « tenir » six mois. Personne ne vous jugera si vous mettez fin à l’expérience. Surtout, faites le tri parmi les différents conseils qu’on ne manquera pas de vous prodiguer. C’est vous qui décidez !