Titre original : Greenberg
Année de production : 2010
Nationalité : Américain
Scénario et dialogues : Noah Baumbach
Images : Harris Savides
Musique : James Murphy
Restriction : Enfants admis
Synopsis : En attendant de percer comme chanteuse, Florence Marr gagne sa vie en travaillant chez les Greenberg comme assistante personnelle : c'est elle qui s'occupe des tâches quotidiennes les plus rébarbatives. Lorsque la petite famille part en voyage à l’étranger, Florence a soudain plus de temps pour elle, mais elle passe cependant ponctuellement s’occuper du chien. Elle en profite pour rendre visite à Roger, qui loge momentanément chez son frère, dans une des ailes de la villa. Tout aussi paume? que Florence, Roger a vécu plusieurs années à New York, où ses projets n’ont pas abouti. Il revendique désormais son droit à ne rien faire.
L'avis de la rédaction :
• Daniel De Belie a aimé
Dans le paysage cinématographique américain dominé par les superproductions en 3D, les effets spéciaux numériques et les resucées de jeux vidéo, « Greenberg » est une étrangeté, un cas inhabituel de modestie, le contre-pied du fantasme que l’on nourrit habituellement à l’endroit de la cité des Anges. L’autre incongruité est Ben Stiller, son héros. D’ordinaire survolté et histrionique, il est pour l’occasion extraordinairement maîtrisé, presque atone dans ce personnage de quadra new-yorkais, en vacance de travail et relevant d’une dépression nerveuse, qui accepte la proposition de son businessman de frère de séjourner dans une aile de sa villa de Los Angeles pendant qu’il est en Asie du Sud-Est avec sa famille. D’emblée, le réalisateur Noah Baumbach (« Les Berkman se séparent ») fait jouer sa petite différence par une image terne et sans soleil de Los Angeles, comme s’installe le décalage entre ce New-Yorkais, très Woody Allen dans ses timidités et ses inhibitions, et son environnement. Roger nage en effet comme une enclume dans une ville où chacun a sa piscine, et fait ses courses à pied en un lieu où il n’y a de déplacement qu’en voiture. Il y a bien l’ébauche d’une relation entre Roger et la gouvernante des enfants restée sur place, mais, à l’image des protagonistes, elle est tellement triviale qu’on ne doute pas qu’elle retournera bientôt au néant. Un parfum de mélancolie et d’insignifiance se dégage de cette chronique, mais il dope plus qu’il n’abat. Entre cet alien new-yorkais, aigri et incapable de s’extirper de l’enfance, et la galerie de mondains et d’apathiques qu’il croise au hasard des parties, il y a en effet ample matière à observation et à réflexion. Et l’une des premières est qu’il n’y a pas de lieu idéal, là où l’on transporte avec soi sa médiocrité et son ennui.
L'avis des lecteurs :