Stromae : "Je ne suis pas là pour donner des leçons"

Numéro 1 dans sept pays d'Europe, "Alors on danse" a propulsé Stromae (" maestro " en verlan), son interprète, en pleine lumière. Paul Van Haver, de son vrai nom, nous reçoit chez lui, à Bruxelles, avant la sortie de son album, le 22 juin.

Vous nous accueillez dans votre chambre. C'est le lieu où tout a commencé ?

Exactement. Avec Dimitri, mon ami et manager, on a commencé en 2009 à enregistrer ici les " Leçons de Stromae ". Je faisais le professeur et lui, il filmait. J'expliquais sérieusement comment je créais mes morceaux. On a balancé une séquence chaque semaine sur le Net. Et ça a fait le buzz.

Vous êtes numéro 1 partout, mais finalement, en Belgique, on vous connaît peu...


Je m'appelle Paul Van Haver. Je suis né le 12 mars 1983 à Etterbeek. J'ai fait mes études primaires entre Neder-over-Heembeek et Laeken. Mes études secondaires, je les ai entamées au Sacré-Cœur de Jette, pour les finir en internat au collège Saint-Paul de Godinne. J'ai toujours voulu faire ce métier. A 12 ans, je me suis inscrit au solfège. A 20, je bossais dans un fast-food le jour et je faisais une année préparatoire pour être ingénieur industriel en cours du soir. La nuit, je composais ma musique. J'ai finalement intégré l'I.N.R.A.C.I. en cinématographie. Pendant trois ans, j'ai pu bosser pour Melissa M, Anggun et Kery James. En parallèle, je me suis penché sur ma carrière solo et j'ai commencé à m'ouvrir à des sons plus électros. Je savais déjà que si je voulais percer dans ce milieu, il fallait pouvoir se différencier.

D'où l'idée d'une séquence Web ?

Exactement. Début 2009, avec Dimitri, on a décidé de faire une sorte de reality show. On proposait chaque semaine une leçon sur le Net. La première était " Up Saw Liz ". C'est à ce moment-là que j'ai intégré la radio NRJ comme stagiaire. Là-bas, j'ai rencontré Julie et Wendy, qui animaient les émissions. Julie m'a toujours soutenu. D'ailleurs, c'est elle qui a défoncé les portes chez NRJ pour faire passer mes créations. Je crois qu'elle les a eus à l'usure. (Rires.)

Ce sont d'ailleurs vos leçons qui ont mis au jour " Alors on danse "...


C'était la leçon 8. Tout le monde a été emballé. NRJ m'a proposé de tourner pour eux en échange de quoi ils diffusaient mes titres sur les ondes. A la fin de l'été 2009, " Alors on danse " était à plus de 10 rotations par jour. C'est énorme quand on n'a pas de maison de disques ! Et puis, c'est l'apothéose : je réussis mes examens, je suis diplômé et je suis invité à chanter au NRJ in the Park. Depuis, la chanson est devenue numéro 1 dans plusieurs pays d'Europe.

Changement de style, mais aussi de look : vous avez troqué vos jeans larges pour un gilet et un nœud pap...

C'est ma façon de me différencier. A la base, ça partait d'une envie personnelle. Je me suis rendu compte que le baggy ne m'allait pas du tout. Je me suis dit : " N'aie pas honte de ta maigreur, car même dans des habits larges, elle se voit, alors assume-la totalement. " J'ai trouvé un look qui correspond bien à mon univers.

Vous êtes issu d'une double culture, vous habitez dans la périphérie bruxelloise. Numéro 1 en Flandre, numéro 1 en Wallonie. Vous êtes à l'image d'une Belgique unie ?

Si ça permet de fédérer le nord et le sud du pays, tant mieux. Maintenant, je ne fais que de la musique. Je ne suis pas là pour donner de grandes leçons de morale politique. Nous avons un patrimoine magnifique dont nous ne sommes pas assez fiers. Je suis métis francophone avec un nom flamand. Il n'y a rien de plus bâtard. J'avais écrit : " En Belgique, tout n'est pas jaune, tout n'est pas rouge, mais tout est noir, et ça, c'est beau. " C'est ça, Stromae.

Retrouvez l'intégralité de l'interview dans Ciné-Télé-Revue du 17 juin 2010.

Propos recueillis par Maxime Quentin

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